[Extrait] La nuit a dévoré le monde

Les gonds cèdent. Non. Non. Des bras passent par l’entrebâillement, gris sales et écorchés, tendus vers moi. Les grognements redoublent. Le bas d’un visage apparaît dans l’embrasure de la porte. Des dents immondes, une langue grise qui s’agite, des lèvres retournées. Le zombie force pour faire passer sa tête entièrement, il pousse, il pousse.
Et je me réveille, en sueur. Je me redresse sur mon lit. La lune brille dans le ciel marine et tout est calme.
Ces rêves sont devenus habituels. Plusieurs fois par semaine, je me fais dévorer, j’ai la sensation réelle de dents se plantant dans ma chair et du poison qui me contamine. Pourquoi ne pas mourir réellement alors ? Mourir une fois pour toutes pour arrêter de mourir si souvent.

La nuit a dévoré le monde — Martin PAGE — paru chez Robert Laffont (2012)
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