Nos Étoiles Contraires — John Green

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre français : Nos Étoiles Contraires
Titre original : The Fault in our Stars
Auteur : John GREEN
Date de Parution : 21 Février 2013
Éditeur : Nathan
Nombre de Pages : 327
Prix : 16,50 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

5+++⌧ CHRONIQUE ⌧

« Il arrive qu’à la lecture de certains livres on soit pris d’un prosélytisme étrange, tout à coup persuadé que le monde ne pourra tourner rond que lorsque tous les êtres humains jusqu’au dernier auront lu le livre en question. » (extrait p.37)

« Nos Étoiles Contraires »  mériterait assurément une nomination dans cette catégorie !

« Le Théorème des Katherine » m’avait déjà interpelée par certains aspects malgré l’accueil mitigé qu’il avait reçu à sa parution. Ce nouveau roman de John Green fait un tabac avant même sa sortie en France et je craignais bêtement de ne pas y retrouver ce qui m’avait plu dans la plume dans l’auteur.

J’ai du mal à trouver mes mots… John Green a une interprétation bien personnelle de ce qui donne toute sa valeur à la vie, et j’étais soulagée de retrouver son humour sarcastique et ses personnages attachants dès les premières pages. Hazel est condamnée à terme plutôt court que long, sa mère la force à fréquenter un groupe de soutien pour l’empêcher de s’enliser dans la dépression. Elle y rencontre Augustus, un jeune garçon un an plus âgé qu’elle, qui est en rémission depuis sa dernière opération. Dès les premières minutes, il se passe quelque chose entre eux. Ils sont intrigués l’un par l’autre et vont très vite se rendre compte qu’ils partagent le même goût pour les réparties trash, décalées, politiquement-incorrectes. J’adore !

John Green évite ainsi l’écueil du livre trop larmoyant qui devient guimauve à force de trop tirer sur la corde du pathos. Les liens qui se tissent entre Hazel, Augustus et Isaac m’empêchent toutefois de dire que le combat des personnes atteintes de cancers y est évoqué avec pudeur. L’auteur oscille en effet entre métaphores et répliques cinglantes, exposant une vérité nue qui déchire le cœur et tord le ventre. Mais je trouve qu’il a su trouver le bon équilibre dans la narration, et ainsi rester digne et respectueux dans son approche de la maladie.

Le titre du roman annonce la couleur dès le départ. L’amour entre Hazel et Gus est malmené, soumis à rude épreuve. Ils vivent sous deux étoiles contraires, l’une offrant la rémission, l’autre un combat qui n’aura jamais de fin. Ils ont tous les deux grandi trop vite, comme s’il leur fallait d’emblée en profiter un maximum pendant qu’il est encore temps. S’offrir un condensé de ce qu’ils auraient connu si leur espérance de vie n’avait pas été entaillée par le cancer. Isaac n’est malheureusement pas en reste lui non plus, mais il m’a paru plus désarmé que ses deux amis malgré le fait qu’il « bénéficie » des meilleures statistiques dans son diagnostic. Il est vite éclipsé quand une idylle naît entre ces derniers. Hazel s’y refusait dans un premier temps. Elle se décrit comme une grenade dégoupillée, prête à exploser, et cherche juste à s’éloigner au maximum pour tenter de limiter les dégâts que la déflagration ne manquera pas de provoquer dans son entourage immédiat. Elle est cependant curieuse de partager un livre qui lui est cher et quand Augustus se révèle aussi enthousiaste qu’elle à ce sujet, leurs relations s’approfondissent un peu plus, menant petit à petit à un projet fou, après lequel tout basculera.

Arrivée à ce stade, la lecture est devenue encore plus prenante… mais terriblement déchirante… Je ne pensais pas être ébranlée à ce point. J’étais dans une humeur « oui c’est triste, oui c’est injuste, mais la vie est ainsi faite et il en faudra plus pour me faire pleurer ». Une quinzaine de pages plus tard, je faisais nettement moins la maline !

Sans vouloir jouer aux âmes sensibles, j’ai refermé le livre littéralement en larmes (l’emploi de cet adverbe est d’ailleurs un clin d’œil que vous saisirez vite une fois plongé dans ce roman). Comme les protagonistes le disent, le monde n’est pas une usine à exaucer les vœux et c’est là aussi où John Green se démarque du lot : il expose les choses telles qu’elles sont, qu’il s’agisse du clash entre la représentation qu’un lecteur se fait de son auteur fétiche et la réalité, ou de la place de l’Homme dans l’Histoire.

Certaines chroniques disent que ce roman offre de l’espoir et un œil neuf sur le sens de la vie mais encore une fois, j’ai plutôt tendance à aller à contre-courant. L’auteur remet certaines choses en question mais expose au contraire des faits non romancés : notre existence à tous est éphémère et le temps finit toujours par tout effacer. J’en sors nostalgique car l’auteur a à plusieurs reprises dépeint ma vision des choses. La fin n’est pas forcément celle que l’on attend mais elle amène un certain paradoxe, comme pour refermer la boucle et retomber sur la symbolique du titre. La vie est à la fois légère comme une plume, pétillante comme des bulles de champagne, pleine de surprises, et à la fois dure, obscure, éprouvante, aussi implacable que le fil d’un couperet.

⌧ BANDE-ANNONCE ⌧

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