[Extrait] Fille de l’Empire

Les traditions dont l’origine se perdait dans la nuit des temps provoquèrent enfin une délivrance. Tous les tourments qu’elle avait endurés et refoulés ressurgirent, partant du bas-ventre, traversant son ventre et sa poitrine pour jaillir par sa bouche sous la forme d’un hurlement perçant. Les cris d’un animal blessé résonnèrent dans le jardin tandis que Mara laissait libre cours à sa colère, sa révulsion, sa souffrance et son deuil.
Poussant des cris de douleur, quasiment aveuglée par les larmes, elle plongea la main dans le brasero presque éteint. Ignorant la souffrance provoquée par quelques cendres chaudes, elle étala les cendres sur sa poitrine puis sur son ventre nu. Ce geste signifiait que son cœur n’était plus que cendres. De nouveau, des sanglots lui déchirèrent le corps tandis que son esprit cherchait l’ultime délivrance de l’horreur provoquée par le meurtre de son père, de son frère et de centaines de loyaux soldats. Sa main gauche s’élança et saisit de la terre près du natami. Elle écrasa la terre humide dans ses cheveux et se frappa la tête du poing. Elle ne faisait plus qu’une avec la terre acoma, et elle retournerait un jour à cette terre, comme les esprits des morts.

La Trilogie de l’Empire, Tome 1 — FEIST & WURTS — paru chez Milady en février 2013
Page : 42 sur 573

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