Un Monde Idéal où c’est la Fin — J. Heska

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre : Un Monde Idéal où c’est la Fin
Auteur : J. Heska
Date de Parution : 1er Juin 2013
Éditeur : Seconde Chance
Nombre de Pages : 190
Prix : 9,62 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Bienvenue dans un monde idéal ! Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. Dérèglement du temps ? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible ? Épidémie mondiale de mort subite ? Extraterrestres maladroits ? Invasion de poireaux découpeurs de cervelles ? Crise de déprime globale ? Robots hors de contrôle ? Zombies entreprenants ?
Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte.

⌧ CHRONIQUE ⌧

La composition de cet ouvrage est assez inhabituelle puisqu’il regroupe une centaine de nouvelles, ce qui laisse deux pages environ à chacune d’entre elles. Le livre présente des sortes d’entractes, où des ébauches de contexte courent sur un paragraphe à peine, avant de revenir au format de base. Dans un premier temps, j’avoue avoir été assez perplexe par ce choix de présentation et pourtant, chaque histoire campe un décor et un contexte, et est bel et bien bouclée quelques lignes plus bas. Rien que pour cela, cette lecture vaut le détour ! C’était un pari assez osé mais J. Heska a réussi à m’entraîner dans sa démarche, me faisant découvrir une centaine de fins du monde possibles… ou moins !

Certaines nouvelles ont des thèmes similaires, qu’il s’agisse d’invasion extra-terrestre, d’intelligences artificielles prenant le contrôle sur l’humanité qui l’a mise au point, de grandes catastrophes naturelles, de cafouillages spatio-temporels (comme cet étudiant en voyage dans le temps qui ne peut se résoudre à laisser un bébé tyrannosaure périr avec les siens après la chute de l’astéroïde). Passé, présent et futur se mêlent en un curieux mélange, et la recette prend sans difficultés ! On y retrouve aussi des thématiques directement centrées sur notre mode de vie actuel, comme la montée des eaux à cause de la pollution, les conséquences de la surconsommation ou de l’usage abusif des antibiotiques / de l’hygiène extrême, mais aussi les effets secondaires à long terme des ondes électromagnétiques ou le recours aux Organismes Génétiquement Modifiés. Les genres littéraires à la mode en ce moment ne sont pas oubliés, et nous retrouvons ainsi vampires, loups-garous, zombies, fantômes… ou des divinités pour qui nous ne sommes que des jouets.

L’humanité trouve aussi sa fin dans des histoires plus loufoques, naviguant entre sarcasme et ironie décalée, où ses ennemis deviennent de plus improbables. Elle fait ainsi face à des légumes cannibales, des extraterrestres gaffeurs et des phénomènes plus vraisemblables – mais non moins inquiétants – comme cette « épidémie libidineuse » ou cette scientifique se gavant de boissons énergétiques pour ne pas succomber au sommeil avant d’avoir trouvé le remède. On retrouve des références à certains films et chanteurs, des clins d’œil à la politique et des rappels historiques assez douloureux comme la montée des régimes totalitaires. Je n’ai par contre pas du tout accroché à la nouvelle traitant de l’homosexualité. Je me doute bien qu’elle n’a pas été écrite au premier degré, mais les anti « mariage pour tous » sont déjà tellement rigides et étroits d’esprit qu’il m’a paru un peu déplacé de nourrir quelque part leurs idéologies – que cela ait été fait avec humour ou non. À mes yeux, le problème est encore trop d’actualité dans notre société pour pouvoir l’évoquer aussi légèrement.

Parfois, certains personnages portent le même prénom que d’autres et cela prête à confusion puisque la première nouvelle – où la magie remplace subitement les lois naturelles – est la seule à se poursuivre de-ci de-là à travers d’autres petites histoires, semblables à des tranches de vie, aux moments-clés de la vie du héros. J’ai bien entendu rapidement compris quand il s’agissait d’une suite, et quand il s’agissait d’une autre aventure, mais ce détail me paraît assez gênant vu la petite taille des textes. D’autant plus qu’il existe tellement de prénoms au monde qu’il aurait pu facilement être rectifié pour éviter tout « désagrément » au lecteur.

Comme dans tout recueil, j’ai eu plus d’affinités avec certains textes qu’avec d’autres. J’ai adoré cette fin du monde où les chats ont pris le pouvoir (tous ceux qui vivent avec ces animaux comprennent bien le pourquoi du comment d’une telle histoire !) ; cette autre mésaventure où chaque matin, le monde se réveille amnésique ; cette pandémie de mort subite ; ou ces fantômes (trop) bavards. Je suis toujours conquise par ce genre d’humour ! Sur une note plus grave, j’ai beaucoup apprécié la nouvelle du survivant et de sa chaussette, ou encore celles où les Hommes vont à la recherche d’une nouvelle patrie, de la Terre à Mars, ou plus loin encore – où le recours à une longue période de stase était inévitable. Ces histoires sont plus mélancoliques, plus douloureuses, et j’admire autant la diversité des idées de l’auteur que cette façon qu’il a de passer d’un style à l’autre.

Une centaine de mini-histoires, mais aucune répétition, pour un concept novateur très prenant.   

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