Les cerisiers fleurissent malgré tout — Keiko Ichiguchi

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre : Les cerisiers fleurissent malgré tout
Auteur : Keiko  ICHIGUCHI
● Date de Parution : 1er Mars 2013
Éditeur :  Kana – Big
Nombre de Pages : 127
Prix : 15 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Une Japonaise, vivant en Italie, revient régulièrement au Japon et en profite pour rendre visite à son ancienne institutrice. Elle promet à la vieille dame de revenir la voir au printemps, lorsque les cerisiers seront en fleurs. Mais un tremblement de terre frappe le Japon, nous sommes le 11 Mars 2011.

⌧ CHRONIQUE ⌧

Le début de cette histoire est aussi classique que le coup de crayon de Keiko Ichiguchi (les traits de visage de ses personnages relèvent plutôt de la « vieille école »). Son héroïne, Itsuko, tombe régulièrement malade depuis sa plus tendre enfance et est donc un peu isolée du reste de ses camarades de classe. Elle ne sait pas quelle conduite adopter à leur égard : doit-elle parler de ses problèmes de santé ou ne vaut-il pas mieux garder le silence pour ne pas les effrayer ? Une institutrice lui apporte un beau jour la solution avec une générosité et un naturel incroyable. Il n’est donc guère étonnant de retrouver cette Madame Tada au cœur de l’intrigue.

Itsuko est maintenant adulte et vit avec son époux en Italie. Sa santé est bien meilleure, c’est une jeune femme épanouie. Lors de son dernier séjour au Japon, elle a promis à son ancienne institutrice de revenir au printemps pour admirer les cerisiers en fleur en sa compagnie. Mais peu de temps avant le grand départ, le drame frappe. Nous sommes le 11 mars 2011 et la terre a fortement tremblé dans son pays natal. S’ensuit un terrible tsunami… et la catastrophe nucléaire de Fukushima.

La mangaka évoque l’ampleur de la catastrophe avec pudeur : ne cherchez pas d’images choc, il n’y en a pas. L’œuvre s’appuie principalement sur les ressentis d’Itsuko, si loin de chez elle au moment des faits, et  nous offre une vision intimiste des événements. Après des jours et des jours passés à disséquer les journaux télévisés et  internet, la peur et l’angoisse se muent petit à petit en indignation contre les autorités qui gèrent si mal la crise. Révoltée par la situation dans les foyers d’accueil et obnubilée par sa promesse, elle refuse d’annuler ses projets.

Petite, Itsuko craignait la mort plus que tout. Elle ne faisait pas de sport même si cela lui aurait plu, elle s’exposait le moins possible. C’était une enfant timide et discrète, voire même un peu complexée. À l’âge adulte, nous la retrouvons pleine d’un courage inébranlable et d’une force nouvelle. Un profond sentiment de loyauté, de patriotisme, l’anime. Elle a complètement dompté cette peur de la mort et va même à l’encontre de son entourage en voulant rentrer au Japon, malgré les risques.

L’image des cerisiers en fleurs est on ne peut plus appropriée. Elle évoque le temps qui passe, comme lorsqu’Itsuko regarde d’un œil triste les signes de « grand âge » chez son père et son institutrice. La jeune femme va apprendre que toute chose peut avoir une fin sans que ce soit pour autant la fin de toute chose, et que les catastrophes divisent les gens autant qu’elles les rassemblent. C’est une belle ode à la vie, sobre et réaliste, ainsi qu’un formidable hommage à toutes les victimes de Fukushima.

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