Le Soldat Chamane, Intégrale I — Robin Hobb

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

● Saga : The Soldier Son Trilogy • Le Soldat Chamane
Titre :  Shaman’s Crossing • Intégrale I
Auteur : Robin HOBB
● Date de Parution : 08 Janvier 2014
Éditeur : J’ai Lu
Nombre de Pages : 731
Prix : 13,90 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Le destin de Jamère Burvelle était déjà scellé le jour de sa naissance : second fils d’une famille récemment élevée à la noblesse, il est appelé à devenir, comme son père avant lui, un brillant officier de la cavalla. Pourtant, une rencontre inattendue va bouleverser sa vie et tisser entre lui et les peuples primitifs de Gernia un lien étrange et fort.

Dans ce volume sont rassemblés les deux premiers tomes du cycle du Soldat Chamane (La Déchirure & Le Cavalier Rêveur), conformément à l’édition originale.

⌧ CHRONIQUE ⌧

La réputation des cycles de Robin Hobb n’est plus à faire chez les amateurs de fantasy, et pourtant, je n’en avais encore parcouru aucun. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette découverte fut aussi séduisante que ce que je me l’étais laissé entendre dire !

Cette intégrale est divisée en deux parties. Dans la première, le héros Jamère Burvelle n’est encore qu’un enfant. Tiré des jupes de sa mère et éloigné dans son éducation de ses sœurs, le garçon apprend déjà à tenir son futur rôle dans la société. Son père a été anobli pour ses faits d’armes par le roi Torven. Dans ce monde, les enfants n’ont guère le choix : un fils de cordonnier sera cordonnier, point barre. Dans l’aristocratie, les choses sont un peu plus développées mais tout aussi figées : le premier fils héritera du domaine familial, le second s’enrôlera dans l’armée, le troisième entrera dans les Ordres, le quatrième s’ouvrira aux Arts. Jamère est ainsi voué à devenir un soldat, tout comme son père avant son anoblissement. Ce qui explique probablement pourquoi ce dernier est aussi inflexible dans ses exigences et son enseignement.

Dès le début, Robin Hobb nous offre une vision intimiste de son héros en culotte courte. De petites anecdotes viennent couronner le parcours du lecteur, qui se familiarise avec le caractère et le potentiel de Jamère. Il découvre les relations qu’il entretient avec les autres protagonistes, amis comme adversaires. On sent que certains événements ont une portée plus importante qu’on pourrait a priori le penser, sans toutefois parvenir à mettre tout à fait le doigt dessus. Comme cette dernière épreuve dans l’éducation militaire de Jamère qui manque de tourner au drame et nous laisse comme un sentiment d’inachevé dans le cœur.

Ce sentiment sera d’ailleurs développé au cours de la seconde partie, où Jamère, devenu adulte, débute sa scolarité à l’École Royale de la Cavalla. Une école qui forme les fils-soldats des aristocrates pour en faire rapidement des officiers sur le terrain. Jamère est alors confronté à ses premières désillusions. Le temps a passé, les mœurs évolué, et le rêve frôle rapidement le cauchemar… L’environnement stimulant mais bénéfique décrit par ses proches est tout autre une fois sur place. Jamère y découvre une compétitivité malsaine, de durs bizutages, des conditions de vie assez défavorables… mais surtout, il en apprend davantage, au gré de ses mésaventures, sur la situation géopolitique de sa patrie. Les rivalités entre les aristocrates de longue souche et ceux récemment anoblis (comme le père de Jamère) déchirent le royaume aussi sûrement que la longue guerre de laquelle il est à peine sorti.

Le sentiment d’injustice qui me taquinait déjà dans la première partie, provenant du fait qu’aucun enfant gernien ne peut choisir sa propre destinée, est exacerbé par les épreuves qu’endurent Jamère et ses compagnons de dortoir. Alors quand son accident d’enfance révèle enfin toutes les implications qui en découlent présentement, on se sent acculé pour le héros et il nous est difficile d’imaginer comment les choses vont bien pouvoir s’arranger…

Robin Hobb nous ouvre les portes d’un monde où un royaume déchu veut dépouiller un autre peuple de ses terres. Dans un esprit de survie ou par volonté de faire subir à d’autres ce qu’il traverse lui-même ? Au fond, nul ne le sait… Le roi Torven envoie ses troupes à l’assaut de l’est, à la conquête des terres nomades qu’il réquisitionne sans préavis. On retrouve ici un peu du génocide amérindien, vers un point cardinal opposé, mais encore une fois, les tribus jugées primitives par les envahisseurs se révèlent plus futées et pleines de ressources que leurs ennemis le pensaient. Les victimes des conflits se démultiplient, d’autant plus que Jamère se retrouve dans le rôle du « traître malgré lui ». Il oscillera entre éthique, mysticisme et formatage militaire, appréhendera d’autres divinités que l’unique de son peuple et devra se battre, sortir des rangs, pour tenter de sauver ceux qu’il aime et ce à quoi il tient.

Cette première intégrale, dense et passionnante, ne représente que les prémices de la destinée de Jamère. À travers des descriptions du quotidien et des leçons (de vie comme d’école) de son héros, Robin Hobb est parfaitement parvenue à le dépeindre et à nous faire saisir l’ampleur des dilemmes à venir.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s