La Couleur de la Peur, de Malorie Blackman

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre français : La Couleur de la Peur
Titre original : The Stuff of Nightmares
Auteur : Malorie BLACKMAN
Date de Parution : 26 Septembre 2013
Éditeur : Milan – Macadam
Nombre de Pages : 315
Prix : 13,90 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

La peur. Chacun de nous la connaît. Chacun de nous la redoute. Une peur profonde. Sombre.
Cela aurait dû être une sortie scolaire comme les autres. Jusqu’à l’accident. Jusqu’à ce que le train déraille. Kyle, seul élève encore conscient, se retrouve projeté dans l’esprit de ses amis, au cœur de leurs pires cauchemars.
Dans le chaos créé par la catastrophe, il va découvrir quelle est la vraie couleur de la peur.

⌧ CHRONIQUE ⌧

Kyle, un jeune lycéen, passe son temps à courir et ne semble pas encore remis d’un drame familial qu’il prend soin de taire à tous, surtout à lui-même. Lors d’une sortie scolaire, son professeur, ses camarades de classe et lui-même se retrouvent au cœur d’une catastrophe ferroviaire. Kyle est le seul passager à pouvoir rester longuement conscient, et il hésite entre deux attitudes : essayer d’aider les autres victimes ou quitter leur voiture avant que le train ne bascule pour de bon dans le vide. Son dilemme est coupé court par un sentiment oppressant, une présence qui le terrorise et qui semble remonter le train dans sa direction. Kyle ne sait pas comment un tel phénomène lui est possible, mais il se réfugie dans l’esprit des autres voyageurs pour fuir cette étrange apparition, au fur et à mesure qu’elle se matérialise. Je me suis longtemps demandé si ce roman comportait des touches de paranormal, ou si Kyle était finalement lui aussi inconscient et en train de rêver. J’ai beaucoup apprécié cette dualité qui taraude le lecteur.

Mais ces rêves – censés protéger Kyle – tournent vite au cauchemar, et ce dernier se retrouve à nouveau projeté dans la réalité. Encore et encore… Sa peur grandit en même temps que celle de l’esprit visité, le doute s’installe… Est-ce réellement la meilleure tactique à adopter ? Le schéma est assez répétitif et les transitions paraissent maladroites : un chapitre nous présente un cauchemar, le suivant nous expose le retour de Kyle à la réalité, qui a à peine le temps d’aligner deux phrases avant de devoir plonger dans un autre esprit.

Le texte peut paraître un peu mécanique et cette impression se voit confirmée en fin de livre, quand Malorie Blackman précise que La Couleur de la Peur se compose de treize nouvelles. Certaines avaient déjà été publiées par le passé, mais toutes sont le fruit de cauchemars qu’elle a faits à un moment ou à un autre de sa vie. Elle les a reliées autour d’un même fil conducteur : l’histoire de Kyle. On découvre petit à petit ce qui est arrivé entre sa mère et son père, et les lourdes conséquences que cela a eu sur son quotidien. Relater ses propres expériences oniriques permet à l’auteur d’avoir recours à une forme de double écriture thérapeutique ; elle exorcise ses peurs tout en permettant à son personnage de voir plus clair dans l’épreuve qu’il traverse.

Comme tout cauchemar qui se respecte, ceux présentés ici sont dérangeants et souvent violents. Malgré le problème de fluidité qui tend à pénaliser ce roman, leur intérêt est réel. Une jeune femme doutant de la bonté de son fiancé, une adolescente vivant mal l’évolution de son corps à la puberté, une grand-mère dépassée par ses petits-enfants, des problèmes de rivalité entre jumeaux, des pressions parentales sur l’avenir de leur garçon, un syndrome post-traumatique chez un proche, un ex petit-ami friand de harcèlement,… Chaque rêve se révèle très prenant et angoissant : on ne sait pas quelle partie du cauchemar est basée sur des faits réels et quelle partie n’est que pure expression du subconscient. Et surtout, ils peuvent chacun être interprétés à des niveaux différents. La confusion grandit autant en Kyle qu’en le lecteur ; l’expérience s’est révélée assez étrange… mais dans le bon sens du terme !

Le fil rouge de La Couleur de la Peur se fait malgré tout souvent désirer. J’avais hâte d’arriver au bout de ce roman pour découvrir le fin mot de l’histoire, pour enfin connaître dans le détail ce que traversait Kyle. Le roman, paru en début de carrière de l’auteur, a beau présenter certaines maladresses, on sent déjà la plume subtile de Malorie Blackman, qui m’avait tant ébranlée dans Boys don’t cry. Elle a un don incontestable pour mettre en scène des histoires douloureuses dans lesquelles transperce toujours un peu d’espoir ; elle nous prend aux tripes et ébranle cœurs et certitudes.

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