Gipsy Song — Beth Kephart

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre français : Gipsy Song, Le choix de Kenzie
Titre original : Small Damages
Auteur : Beth KEPHART
Date de Parution : 20 Février 2014
Éditeur : La Martinière Jeunesse
Nombre de Pages : 244
Prix : 13,90 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Kenzie, 18 ans, tombe enceinte et refuse d’avorter, malgré le refus de son petit copain de devenir père. Pour éviter le scandale, sa mère l’envoie terminer sa grossesse en Andalousie, où elle devra ensuite laisser son enfant à une famille adoptive.
Dans le ranch d’élevage de chevaux où elle séjourne, Kenzie, d’abord passive, reprend progressivement goût à la vie et prend ses distances avec son milieu d’origine. Elle découvre l’Espagne du sud et ses paysages écrasés de soleil, la vie et les histoires des gens qui l’entourent, la musique âpre du flamenco. Au contact d’Estela, la vieille cuisinière, et surtout d’Esteban, qui s’occupe des chevaux et parle peu, elle ouvre progressivement ses yeux et son cœur à la beauté et aux mystères qui l’entourent. Jusqu’à y puiser le courage et la force de faire et d’assumer ses propres choix…

⌧ CHRONIQUE ⌧

Kenzie vient de terminer le lycée. Quelques mois plus tôt, la mort de son père, dont elle était très proche, l’a plus ou moins précipitée dans les bras de son meilleur ami. Les relations au sein de sa bande s’en sont trouvées un peu chamboulées. Ajoutez à cela une mère avec qui elle entretient des rapports conflictuels, et vous obtenez une jeune fille vulnérable, en manque de repères. Un rapport non protégé a suffi à faire basculer la part de son univers qui tenait encore debout. Confrontée à un ultimatum de la part de sa mère, Kenzie part cacher sa grossesse chez des amis en Espagne jusqu’à l’heure de l’accouchement. Elle rentrera alors seule aux États-Unis pour entamer ses études universitaires.

Ce roman nous offre une vision très intimiste de l’héroïne. Nous suivons le cheminement de ses moindres pensées, ressentons sa déprime, affrontons à ses côtés ses questionnements, ses doutes, ses peurs,… Je l’ai trouvée très attachante dans sa façon de parler au fœtus, de se renseigner sur les étapes de la grossesse qu’elle traverse, de savoir avec une précision sidérante comment son bébé évolue en temps et en heures. Pour tout le reste, Kenzie joue les dures à cuire. Elle en veut à la Terre entière : à sa mère, au père du bébé, aux futurs parents adoptifs, à ses amis, à ceux qui l’hébergent. En cela, elle ne semble pas avoir terminé son deuil. Elle passe de la tristesse, d’un complet désarroi, à la colère et la révolte. Elle ne voulait pas s’exiler en Andalousie, c’était le choix de sa mère, pas le sien… et elle s’applique à le faire sentir à tout un chacun !

Kenzie n’en est pas antipathique pour autant. On comprend facilement ce qui la taraude, et la maturité dont elle fait preuve face à sa grossesse surprend et charme le lecteur. Dans un ranch isolé aux abords de Séville, elle fait la connaissance de Miguel, l’éleveur si fier d’envoyer ses taureaux favoris à une mort certaine. D’Estela, la cuisinière bombardant sans cesse de multiples consignes mais cachant un cœur de maman-poule. D’Esteban, un orphelin de son âge recueilli par Miguel et épris des grands espaces et des animaux, mais qui présente un tempérament mutique. Ainsi que d’une bande de gitans, venus faire la fête sur le domaine.

Malheureusement, les rapports entre ces différents personnages sont survolés. Au final, on ne connaît que peu de choses sur la vie de Kenzie avant son exil et il en va de même pour sa grande histoire d’amour. Quelques anecdotes sur son père nous font entrevoir ce qui a fait la force de leurs rapports, mais difficile d’entrevoir la source de l’animosité qu’elle voue à sa mère, en dehors du caractère assez psychorigide de cette dernière. Esteban m’a intriguée et même si certains détails finissent par être révélés, j’en suis là aussi restée sur ma faim. Le personnage aurait été tellement intéressant à développer, tout comme les liens unissant Estela à Luis, la façon dont Miguel en est arrivé à la prendre sous son aile,… L’ensemble reste cohérent et agréable à parcourir, mais le court format de cette histoire lui a assurément porté préjudice.

Côté décor, par contre, on est servis ! Le dépaysement est total et l’on peut presque sentir le soleil de plomb nous cogner sur la tête à longueur de journée. Le climat torride met la nature à rude épreuve, mais parcourir les étroites ruelles de Séville nous rafraîchit et nous émerveille autant que Kenzie. L’auteur retranscrit l’ambiance de l’Espagne à la perfection, ainsi que quelques-unes de ses coutumes. Je suis contre la tauromachie, mais elle est abordée ici avec pudeur et Kenzie elle-même soulève des paradoxes dans l’attitude des éleveurs. J’ai également apprécié les danses et les chants d’Angelita et des autres gitans, qui dévoilent petit à petit une nouvelle facette du personnage d’Estela, en plus de nous faire chanter l’esprit avec leur musicalité.

L’intrigue est quant à elle assez téléphonée. On sent très vite quelle décision prendra Kenzie et la conclusion est amenée avec une telle précipitation que je m’en suis sentie légèrement frustrée. L’intérêt de ce roman se trouve donc surtout dans son ambiance et dans la métamorphose d’une jeune fille en femme réfléchie, prenant son avenir en main. L’histoire se lit rapidement et même si ce n’est pas un coup de cœur, je n’en regrette pas le voyage !

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