Lucides — Ron Bass & Adrienne Stoltz

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre français : Lucides
Titre original : Lucid
Auteurs : Ron BASS & Adrienne STOLTZ
Date de Parution : 24 Avril 2014
Éditeur : Robert Laffont – Collection R
Nombre de Pages : 373
Prix : 18,90 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Sloane, première de sa classe, coule une existence paisible dans une petite ville côtière des États-Unis. Maggie, jeune fille indépendante, entame une prometteuse carrière d’actrice à New York. Tout les sépare, hormis une chose : en dormant, chacune rêve et vit la vie de l’autre jusque dans ses secrets les plus intimes.
Jamais encore leurs chemins ne s’étaient croisés. Jusqu’au jour où Sloane tombe amoureuse d’un garçon… Laquelle est réelle ? Laquelle n’est qu’un songe ?

⌧ CHRONIQUE ⌧

J’ai sauté le pas et lu Lucides, et j’avoue autant comprendre ceux qui en ont abandonné la lecture que ceux qui l’ont classé « coup de cœur ».

Maggie a 17 ans, elle est déscolarisée pour mieux poursuivre sa carrière d’actrice. Elle a le vent en poupe mais pas d’amis ; elle ne vit pas forcément sa solitude aussi bien qu’elle veut bien le laisser croire. Le fardeau est d’autant plus lourd à porter que son père est décédé et sa mère carriériste et dépourvue de tout instinct maternel. C’est souvent Maggie qui doit s’occuper de Jade, sa petite sœur, et assumer tout ce que Nicole néglige de faire. Elle voit d’ailleurs une psychothérapeute, Emma, pour apprendre à gérer tout ça sans s’effondrer ; Emma qui est la seule au courant du secret de Maggie : toutes les nuits, elle revit la journée d’une autre adolescente de son âge, Sloane.

Sloane vit dans une petite ville côtière et est assez appréciée au lycée qu’elle fréquente. Elle est entourée de ses frères et de ses deux parents, mais a récemment perdu son meilleur ami, Bill. Pleine d’esprit, elle trouve cependant un concurrent dans le cœur des professeurs en la personne de James, un nouvel élève. Et toutes les nuits, Sloane revit en rêve le quotidien de Maggie.

Malgré leurs différences et au-delà même du secret qu’elles partagent, ces deux jeunes filles ont de nombreux points communs. Elles ont toutes les deux du mal à surmonter la mort d’un proche et entretiennent des rapports conflictuels avec leur mère. Elles ont une vision bien précise de leur avenir et adorent leur petite sœur/frère… et surtout, elles vont toutes les deux tomber amoureuses. Deux histoires d’amour très complexes, puisque Maggie est tiraillée entre Andrew, un étudiant rencontré par hasard, et Thomas, un homme qui pourrait lui ouvrir en grand les portes d’une carrière hollywoodienne, tandis que Sloane papillonne entre Gordy, un ami de longue date qui partage avec elle le deuil de Bill, et James, le petit nouveau si mystérieux et si charismatique.

Pendant plus de 250 pages, le côté onirique de l’intrigue se résume à deux ou trois mots en fin de chapitre. Aucun indice n’est donné et aucune réelle mise en avant de cette importante donnée effectuée. C’est là où le bât blesse… 250 pages de double triangle amoureux. Maggie et Sloane n’ont de cesse d’aller d’un jeune homme à un autre, avant de revenir au premier et ainsi de suite. Si au début, tout cela ne me gênait pas, c’est très vite devenu lassant et rébarbatif.

Je ne regrette pourtant pas d’avoir tenu bon ! Cent pages avant la fin, la frontière entre les deux jeunes filles se fissure et elles sombrent rapidement dans un terrible chaos. La brèche devient canyon ; comme Maggie et Sloane, on échafaude mille hypothèses et c’est là que le talent de Ron Bass et Adrienne Stoltz éclate au grand jour. Ils nous mettent la tête à l’envers, et comme dans le pire des thrillers où l’on s’acharne à trouver le meurtrier, on s’évertue ici à distinguer le réel du fantasme. À partir de là, il m’a été impossible de lâcher le livre avant de l’avoir terminé.

Le final est tout simplement grandiose, dans son rythme, dans ses pistes brouillées et dans la très jolie leçon de vie qui se tapit par derrière. Certains éléments qui me mettaient la puce à l’oreille ont pris un sens tout nouveau et m’ont beaucoup émue. Ce roman aurait été un incroyable coup de cœur sans cette première partie traînant en longueur, à n’en plus finir. Je ne sais pas trop sur quel pied danser pour en parler, j’ai envie de bâiller et de hurler au génie en même temps ! Les auteurs auront joué jusqu’au bout la carte du paradoxe pour leurs héroïnes comme pour leurs lecteurs.

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