C’est pas grave — Jo Hoestlandt

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre : C’est pas grave
Auteur : Jo HOESTLANDT
Date de Parution : 22 Janvier 2014
Éditeur : Milan – Macadam
Nombre de Pages : 122
Prix : 10,50 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

C’est pas grave de s’engueuler avec sa mère.
C’est pas grave de se faire larguer par son mec.
C’est pas grave un père absent.
C’est pas grave d’être trahie par sa meilleure amie.
C’est pas grave d’en pincer pour son prof.
C’est pas grave tout ça…

C’est pas grave, peut-être. Mais Chloé est en colère, alors elle balance tout. Faut que ça sorte. Et puis un coup de gueule, c’est pas grave. 

⌧ CHRONIQUE ⌧

À l’image de Chloé encore collégienne, l’auteur nous propose une courte histoire déclinée en pronoms. Cette construction originale convient parfaitement au sujet de l’adolescence. Comme si Jo Hoestlandt cherchait à conjuguer la vie de son héroïne avec les personnes que cette dernière côtoie.

Ainsi, « je » correspond à Chloé, furieuse après sa mère qui lui a jeté un mot très blessant à la figure par inquiétude. « tu », c’est Mathis, son petit-ami qui rompt avec elle sans le moindre tact. Les parents de Chloé sont divorcés et le comportement de « il », son père, ne l’aide pas à trouver ses repères en grandissant. Le « nous » se démarque des autres chapitres, car pour la première fois, on assiste à un dialogue complet entre Chloé et sa grand-mère. Jusqu’ici, on n’entendait que la voix de Chloé – comme si elle parlait aux autres protagonistes via un téléphone. Pourtant, les conversations restent très faciles à suivre. Puis l’auteur entre dans le vif du sujet ; elle évoque les choix d’orientation dont on bombarde les jeunes, comme si l’on savait déjà à quinze ans ce que l’on aimerait faire pour le reste de sa vie. Et elle nous parle surtout du point de vue de Chloé sur la société en général et sur la cité où elle vit, tout comme le regard qu’y portent les gens extérieurs.

Le style est très particulier, très immersif, l’auteur se confondant complètement avec Chloé. Elle adopte son caractère, son phrasé. Un certain nombre de néologismes ou d’expressions mal retranscrites (comme par exemple : la poudre des Scampettes) jalonnent le texte et on se croirait vraiment dans la tête d’une jeune fille de quinze ans. C’est plein de révolte, d’incertitudes, de difficultés à assumer ce corps qui se transforme, d’amitiés compromises et de premières peines de cœur. Chloé est brute de décoffrage, elle balance et ne mâche pas ses mots. Comme beaucoup d’adolescents, elle serine « c’est pas grave » et même si dans les faits elle a raison, on sent bien qu’elle ne croit pas pleinement en ses paroles. Toutes ces petites choses l’affectent plus qu’elle ne le voudrait, mais elle tient à garder contrôle et fierté. Elle a tendance à se montrer assez agaçante par moment et à exagérer la gravité des choses, comme si le monde ne tournait qu’autour d’elle, mais je crois que chacun d’entre nous possède des souvenirs similaires de cette période où les petits riens forment rapidement des grandes rivières dont on craint qu’elles n’engloutissent tous nos rêves, d’enfant comme d’avenir.

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