La Guerre du Lotus, T1 — Jay Kristoff

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Saga : La Guerre du Lotus / The Lotus War
Titre : Stormdancer  – Tome 1
Auteur : Jay KRISTOFF
Date de Parution : 17 Septembre 2014
Éditeur : Bragelonne
Nombre de Pages : 393
Prix : 22 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

On disait éteinte la race des griffons, ces créatures mythiques menées par les danseurs d’orage. Pourtant, Yukiko et son père reçoivent l’ordre d’en capturer un pour le cruel shōgun des îles de Shima. Contre toute attente, ils y parviennent, mais Yukiko se retrouve perdue dans une forêt sauvage, avec pour seule compagnie un griffon mutilé qu’elle nomme Buruu.
Unis dans l’adversité, la jeune fille et l’animal s’entraident. Yukiko serait-elle la véritable danseuse d’orage, ultime espoir du peuple ?

5+++⌧ CHRONIQUE ⌧

Un monde fascinant en pleine perdition, où les mythes deviennent réalité.

J’avais déjà été séduite par le mélange fantasy / culture asiatique à travers « la Trilogie de l’Empire » de Raymond E. Feist & Janny Wurts, et j’avais d’autant plus hâte de remettre le couvert que Jay Kristoff y a ajouté un ingrédient supplémentaire, de ceux qui me passionnent : le steampunk.

Shima se divise en 4 clans : Tigre, Dragon, Phénix, Renard, et est dirigé par Yoritomo, un shōgun égoïste, capricieux et avide de pouvoir dès sa première apparition. Suite à des rumeurs de voyageurs au nord du pays et à un rêve qu’il juge lui-même prémonitoire, Yoritomo exige que le père de Yukiko, le célèbre chasseur Renard Noir, lui ramène un arashitora (une chimère moitié-aigle moitié-tigre) alors même que sa dynastie est responsable de l’extinction de cette espèce et de tant d’autres.

Car Shima ne doit sa prospérité qu’à l’exploitation du lotus sanguin, qui a complètement renversé la face de cette partie du monde. Grâce à la Guilde qui en connaît tous les secrets, les avancées technologiques se font à pas de géant, mais l’épée est à double tranchant : l’île se noie dans des eaux noires et un ciel rouge sang de pollution. Cette catastrophe environnementale et sanitaire ne suffit cependant pas à éveiller les consciences à grande échelle.

Le début peut paraître un peu laborieux pour les néophytes. Bien que l’on trouve un lexique en fin de volume, les termes asiatiques – concernant par exemple l’armement et les vêtements -, peuvent déboussoler. Les suffixes de politesse japonais et la mythologie poussée et omniprésente renforcent encore davantage cette immersion totale. J’ai été conquise par cet aspect du roman autant que par son univers unique, où l’on se retrouve à chaque page baigné dans la chaleur écrasante et les odeurs épouvantables du lotus en combustion. Un début qui sert surtout à introduire le contexte géopolitique et les relations complexes, entre haine et amour, que Yukiko a tissé avec son père.

Contre toute attente, père et fille vont capturer un arashitora mais l’expédition est loin de se dérouler comme prévu. C’est à partir de ce moment-là que l’histoire prend pleinement son envol. Yukiko se retrouve isolée en pleine forêt aux côtés de Buruu, la chimère, et bon gré mal gré, ils vont tous deux devoir s’entraider pour survivre. L’animosité entre les deux espèces va progressivement évoluer en quelque chose de plus profond, de plus intime. Les deux parties vont tendre à s’influencer l’une l’autre pour pratiquement ne devenir qu’une seule entité symbiotique. Du fait de ses échanges mouvementés avec Buruu, Yukiko réalise que les conflits avec son père sont loin d’être les seuls nuages à l’horizon de son univers personnel. Elle va beaucoup apprendre au contact des différentes castes de leur société, mais il lui faudra aussi grandir très vite pour avoir une chance de sauver ceux qu’elle aime. Ouvrir les yeux, remettre en question les acquis, aller au-delà des informations glanées pour déchiffrer la réalité du terrain.

L’œuvre de Jay Kristoff est solide et envoûtante. Après la rencontre de Yukiko et Buruu, l’intrigue est riche en révélations et en rebondissements, en complots et en enjeux vitaux. L’auteur pousse le lecteur à s’interroger sur les concepts d’honneur, de sacrifice et de loyauté, et nous présente Shima à une époque-clé de son histoire, où les prémices d’une révolte gagnent autant de terrain que les cultures de lotus en brûlent. Un pays où se côtoient traditions et modernisme, dieux d’antan et machines impitoyables, en un étrange ballet qui ne manque pas de fasciner.

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