À la mesure de nos silences — Sophie Loubière

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre : À la mesure de nos silences
Auteur : Sophie LOUBIÈRE
Date de Parution : 8 Janvier 2015
Éditeur : Fleuve Éditions
Nombre de Pages : 302
Prix : 17,90 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

— Deux jours de ta vie. Deux jours pour changer les choses.

Jamais Antoine n’aurait pensé que son grand-père puisse agir ainsi : il y a quelques heures à peine, l’adolescent sortait du lycée, s’apprêtant roya; rater son bac. Kidnappé par papi à bord d’un vieux coupé Volvo, il roule à présent vers l’inconnu, privé de son iPhone.
À 82 ans, François Valent, journaliste brillant, aura parcouru le monde et couvert tous les conflits du globe sans jamais flancher. S’il a conclu un marché avec son petit-fils, c’est pour tenter de le convaincre de ne pas lâcher ses études.
Mais ce voyage improvisé ne se fera pas sans heurts. La destination vers laquelle le vieil homme conduit Antoine – la ville de Villefranche-de-Rouergue, où il a grandi – a ce parfum particulier du remords. C’est là que l’enfance de François a trébuché. Lors d’un drame sanglant de la Seconde Guerre mondiale dont l’Histoire a gardé le secret.

À la fois quête du souvenir et voyage initiatique, cette échappée belle les révélera l’un à l’autre. La vraie vie n’est jamais là où on l’attend.

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎

Un road-trip surprenant sur les drames de la guerre et le fossé intergénérationnel

C’est l’histoire de François Valent, un vieil homme qui, chaque jour, brave les affres de son grand âge et défie la mort… peut-être avec trop d’application, d’ailleurs… On le sent las et détaché de tout, torturé par un sombre passé dont même sa famille ignore les détails.

De l’autre côté, nous rencontrons Antoine, son petit-fils. Un jeune homme perdu au milieu de ses parents divorcés, qui néglige ses études et se replie sur lui-même. Son univers est régi par les jeux-vidéo en ligne et Facebook. Il est cyber-addict et éprouve de grandes difficultés dans le domaine relationnel.

Il ne voit que très rarement son grand-père en dehors des grandes fêtes familiales traditionnelles. Et pourtant, sur un coup de tête, François vient le chercher à la sortie du lycée et l’emmène séance tenante sur les routes de France, de Paris à Villefranche-de-Rouergue. Cet ancien journaliste ressent le besoin impérieux de se réconcilier avec sa ville d’origine et semble convaincu qu’en l’accompagnant, son petit-fils saura trouver la réponse à ses propres questions existentielles. Mais le dialogue est tout sauf aisé… Entre un vieil homme traînant derrière lui les horreurs de nombreuses guerres et un garçon pas encore tout à fait adulte qui ne jure que par les dernières technologies, le fossé séparant ces générations n’est pas près d’être comblé…

La plume de Sophie Loubière est très riche et dépeint à merveille les maux des personnages âgées tout comme les angoisses des jeunes d’aujourd’hui. Elle nous informe d’une tragédie survenue en Aveyron, trop souvent tue après la guerre. Une tragédie qui a rongé ses habitants les uns après les autres. Elle nous parle de trahison et de remords, d’amour et de conflits. Entre deux chapitres sur les routes de France, elle nous relate la vie de François Valent et les fantômes qui le hantent.

La fin est d’une tristesse insondable, mais porte pourtant en elle une solide lueur d’espoir. Comme Antoine, j’ai souvent eu du mal à comprendre où François venait en venir. J’ai compati pour l’un comme pour l’autre, tout en ayant envie de les pousser de l’avant, de leur crier que la vie, ce n’était pas que ça ! Je pensais entrevoir la fin avant d’y arriver, et j’ai vite constaté que j’avais faux sur toute la ligne. Avec une histoire a priori assez classique, Sophie Loubière est parvenue à me surprendre et la chute est d’une parfaite justesse. Les personnages inventés, avec leurs douleurs et leur passé, ont l’air aussi tangibles que les faits historiques qu’elle nous rapporte.

Voici une citation qui apparaît deux fois dans ce roman et qui résume à merveille cette expérience :

« Le malheur, c’est comme une brassée de fleurs qui te tombe dessus. Tu peux choisir d’en faire une couronne mortuaire ou bien un bouquet qui fleurira la table d’un banquet pour le mariage de tes petits-enfants. » 

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