Le prince charmant est infidèle — Ondine Khayat

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre : Le prince charmant est infidèle
Auteur : Ondine KHAYAT
Date de Parution : 05 Mars 2015
Éditeur : Michel Lafon
Nombre de Pages : 332
Prix : 16,95 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Il était une fois une magnifique princesse, prénommée Cathy, qui vivait un conte de fées avec son prince charmant, Ben, dans leur ravissant château F3 parisien. Mais bizarrement, les contes de fées ne précisent pas que le prince charmant est parfois infidèle ! D’ailleurs, Ben cache bien son jeu : c’est en fait un séducteur compulsif, qui carbure à la vodka-orange. Jusqu’au jour où la mort de sa mère le plonge dans une terrible crise existentielle.
Son chemin croise alors celui de Claire, une coach-thérapeute déjantée, qui lui lance un défi : accepter de Cathy ce qu’il se permet lui-même. Pour Ben, le cauchemar commence… Il va se retrouver dans des situations désopilantes qui l’obligeront à voir les choses en face : si le prince charmant est infidèle… la princesse peut l’être aussi !

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎

J’avais beaucoup apprécié Debout les vieux !, un autre roman contemporain d’Ondine Khayat, mais Le prince charmant est infidèle m’a pour le moins laissée perplexe. On retrouve à nouveau des personnages bruts de décoffrage, mais cette fois, l’auteur se libère de tout équilibre et donne dans un ton complètement décalé. Les jeux de mots sont nombreux, avec des métaphores aussi débridées qu’imagées, et des situations dignes des plus grandes parodies. Le synopsis m’avait laissé imaginer une sorte de joyeuse guerre des tranchées entre Cathy et Ben, mais l’intrigue se focalise surtout sur les ébats sexuels de ce dernier.

Cathy paraît complètement bécasse. Adepte de la nourriture bio et insipide, amie avec des bobos que Ben prend plaisir à railler sans arrêt, on se demande très vite comment ces deux-là peuvent former un couple. Ils n’ont rien en commun. Ben passe son temps à enfiler conquêtes et vodkas-orange, tout en affirmant aimer Cathy autant qu’il se plaint de ses petites habitudes. J’avais sincèrement envie de le secouer en lui faisant remarquer qu’il est assez grand pour exprimer ses propres goûts ou prendre ses cliques et ses claques, au lieu de jouer à la grande victime du jour. Comme on dit, les autres n’ont sur nous que le pouvoir qu’on leur accorde. Et au final, il s’éclate lui aussi pas mal à manipuler son monde. Les deux personnages principaux sont tout ce qu’il y a de plus lâche et immature, mais bizarrement, même dans un contexte débridé, cela cadrait mal. Les rôles secondaires sont du même acabit et seule Natasha a su gagner ma sympathie avec son fort tempérament et ses sarcasmes.

L’ambiance est déjantée à l’extrême et la mise en scène fait plutôt penser à un vaudeville. Qu’il s’agisse de l’attitude de la mère de Cathy, de l’épisode Tarzan ou des conseils ahurissants et insensés de la soi-disant coach-thérapeute de Ben, on  saute à pieds joints dans le second degré. Ça part un peu dans tous les sens et d’habitude, ce n’est pas un problème pour moi. J’adore Unbreakable Kimmy Schmidt sur Netflix, par exemple, et en matière de grand n’importe quoi, cette série TV se pose en œuvre maîtresse. Mais dans ce roman, j’ai malgré tout été très gênée par l’absence de fil conducteur, ou tout du moins par un certain manque de clarté. Tout au long des pages, je n’ai cessé de me demander où voulait en venir Ondine Khayat. Cherchait-elle à prôner la fidélité ? Prenait-elle le risque de crier haut et fort que l’infidélité a ses avantages dans une société qui se veut souvent moralisatrice ? Jouait-elle sur les deux tableaux pour nous proposer le schéma complexe des relations humaines, comme pour nous démontrer l’importance de respecter notre moi profond ou de trouver quelqu’un qui nous correspond vraiment ? J’ai plusieurs fois slalomé entre différentes théories et je pense que quelque part, ces interrogations incessantes sont venues court-circuiter mon plaisir de lecture puisque je n’ai trouvé une réponse claire que dans l’épilogue tenant sur une page.

Ce livre reste donc une déception pour moi et je conseillerais plutôt son autre ouvrage mentionné un peu plus haut, paru l’année dernière, à ceux qui voudraient découvrir la plume pêchue d’Ondine Khayat.

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