Dix minutes par jour — Chiara Gamberale

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

● Titre français : Dix minutes par jour
Titre original : Per dieci minuti
Auteur : Chiara GAMBERALE
Date de Parution : 16 Avril 2015
Éditeur : Michel Lafon
Nombre de Pages : 300
Prix : 16,95 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Chiara, la trentaine pétillante, a tout pour être heureuse : un mari parfait, une chronique qu’elle adore dans un hebdo branché, plusieurs best-sellers à son actif. Bref, une vie de rêve jusqu’au jour où… elle perd tout : adieu mari (volage et immature), chronique, romans et certitudes.
Pour l’aider à remonter la pente et à sortir de ses idées noires, sa psy lui propre un petit jeu : chaque jour pendant un mois, elle devra faire, dix minutes durant, quelque chose de complètement nouveau, quelque chose d’anodin ou d’un peu fou…
Entourée de sa bande d’amis – Rodrigo, Gianpietro et le jeune Ato -, Chiara accepte de relever le défi et de consigner l’expérience dans un journal. Et si une nouvelle vie surgissait de ce grand saut dans l’inconnu ?

⌧ CHRONIQUE ⌧

« Tu es toi, avec ou sans ton mari. »  
Intrigue ∎∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎

Dans un court prologue, Chiara nous résume sa vie. Elle a quitté sa petite vie tranquille à la campagne, à deux pas de chez ses parents, pour s’installer à Rome. Trois mois après ce déménagement dont elle ne voulait pas, son mari s’expatrie en Irlande où il trouve l’amour dans les bras d’une autre femme. Pour Chiara restée à Italie, les mauvaises nouvelles s’enchaînent. Elle perd sa rubrique du dimanche au profit du courrier du cœur d’une gagnante de Loft Story, et près d’un an plus tard, elle en est toujours au même point. Elle se sent seule, prise au piège dans cet appartement au cœur de la capitale, et se lamente du matin au soir sur sa vie dévastée.

Ce côté du personnage aurait très vite pu devenir agaçant, mais cette jeune femme – manquant d’assurance et ne sachant a priori pas exister en dehors de son couple – reste malgré tout attachante. Maladroite et égocentrique, elle est toutefois consciente de ses défauts comme l’attestent les différents passages où elle parle de « je, tu & nous ». Elle tente désespérément de comprendre comment son mari et elle en sont arrivés là alors qu’ils s’aimaient depuis le lycée ; elle blâme son immaturité, puis se remet elle-même en question. Et le cycle continue encore et toujours, l’entraînant un peu plus vers la dépression, les remords et les regrets. Heureusement pour Chiara, sa psy a l’air décidée à la secouer une bonne fois pour toutes. Pour ce faire, elle lui lance un défi : chaque jour pendant dix minutes, Chiara devra trouver matière à s’occuper avec quelque chose qu’elle n’avait jamais essayé auparavant.

Cela peut paraître simple et faire sourire, et pourtant, je me pose la question : à la place de Chiara, parviendrais-je réellement à meubler ces dix minutes pendant trente jours consécutifs ? Ne manquerais-je pas rapidement d’idées, de volonté, d’audace ? Chaque chapitre correspond à un jour de ce mois de décembre où elle est censée reprendre le contrôle de sa vie. Même si ça lui paraît absurde au début, Chiara joue le jeu et multiplie les nouvelles expériences, en commençant par la préparation de pancakes alors qu’elle n’a jamais su cuisiner. Plus le temps passe, plus elle s’y prête spontanément… et plus elle parvient à démêler les nœuds de son existence.

À la lecture du synopsis, je m’attendais à des défis un peu plus osés et pimentés. Mais la capacité de Chiara à trouver de la nouveauté dans des gestes anodins du quotidien en fait quelqu’un comme vous et moi. Ses expériences nous poussent à reconsidérer notre façon d’appréhender notre voisinage. Prenons-nous réellement le temps de le regarder ou n’y voyons-nous que ce qui nous arrange, ce qui nous est utile ? Les chapitres sont courts mais vont à l’essentiel, et l’évolution de Chiara est très intéressante. Elle apprend à se rouvrir à la vie et par là-même à s’ouvrir aux autres. Les déclics qu’expérimente Chiara au cours de ces dix minutes quotidiennes sont astucieux, sages et porteurs de sens.

Je déplore en revanche la pauvreté des dialogues entre Chiara et sa psy (ou Chiara et son mari). Les paroles échangées se résument souvent à de simples points de suspension ou à des monosyllabes, et j’ai plusieurs fois perdu le fil : qui est en train de parler là ? Chiara ou sa psy ? J’ai d’autant moins compris cet aspect du roman que les dialogues entre Chiara et Ato – un jeune réfugié qu’elle prend sous son aile le week-end – sont succulents, tour à tour drôles et touchants.

Malgré ce petit « défaut » d’écriture, les idées de l’auteur font mouche et plongent l’héroïne dans un véritable travail d’introspection. Chiara Gamberale nous apprend à repousser les limites définies par la société ou que l’on s’impose soi-même. Elle nous prouve combien les gestes sécurisants peuvent se révéler étouffants et nous priver de bien des choses, et nous présente ainsi une vision juste et stimulante de la vie. En refermant ce roman, je dois bien avouer que l’envie de me prêter moi aussi au jeu des dix minutes me titille… juste pour voir où il me mènerait !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s