Entre Chiens et Loups, T1 — Malorie Blackman

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

● Titre français : Entre Chiens et Loups, Tome 1
Titre original : Noughts and Crosses, Book 1
Auteur : Malorie BLACKMAN
Date de Parution : 04 Novembre 2011 (réédition)
Éditeur : Milan – Macadam
Nombre de Pages : 401
Prix : 12,50 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s’affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C’est un monde où Callum et Sephy n’ont pas le droit de s’aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d’un rebelle clandestin.

5+++⌧ CHRONIQUE ⌧

Malorie Blackman nous expose ici une Terre parallèle où les siècles de civilisation auraient profité aux noirs. L’univers d’Entre Chiens et Loups est comparable à l’époque de l’Apartheid, ayant perduré aux États-Unis jusque dans les années 1960. L’esclavage a été récemment aboli, mais les Blancs – appelés Nihils – en veulent plus. Les gens aux pouvoir, les Primats, sont tous noirs et perçoivent ces mouvements comme de l’ingratitude et de l’opportunisme. La logique du « Séparés mais égaux » règne partout mais ne satisfait aucun de deux partis. Les Nihils agressent les Primats pour obtenir davantage de droits et une véritable égalité ; ils en ont assez d’être traités comme des animaux. Les Primats agressent les Nihils pour leur faire comprendre de rester à leur place ; ils craignent de perdre leurs privilèges, le confort de leur quotidien, et estiment que les Nihils leur sont inférieurs de par leur nature intrinsèque et la couleur de leur peau. C’est un dialogue de sourds dont ne peut résulter qu’une escalade de la violence et les propos avilissants pleuvent des deux côtés. Les Nihils deviennent ainsi les Néants, et les Primats les Primates. Quand les mots ne suffisent plus, les hommes prennent les armes… Malorie Blackman inverse les rôles que l’Histoire nous a attribués dans notre monde pour mieux interpeller les racistes : la ségrégation raciale vous paraît-elle toujours aussi juste maintenant que vous vous trouvez du mauvais côté de la barrière ? Cette saga est à la fois un pari osé, un outil pédagogique pertinent et un formidable appel à la tolérance, mais connaissant l’auteur, je ne m’attendais pas à moins !

Pour délivrer ce message fort, elle donne tour à tour la parole à deux personnages. Sephy est noire et fille de ministre. Elle grandit un peu à l’écart du reste de sa famille : elle n’a pas du tout la même vision des choses que sa sœur aînée, les responsabilités de son père l’éloignent souvent du domicile conjugal et sa mère noie son chagrin dans l’alcool. Callum est blanc, né dans la pauvreté et le mépris. Sa famille tente comme elle peut de joindre les deux bouts et de rester unie, mais les épreuves s’enchaînent. On apprend en début de livre que sa mère, Meggie, travaillait pour la famille de Sephy, les Hadley, avant d’être renvoyée sans véritable motif. Sa sœur aînée, Lynette, est complètement déconnectée de la réalité suite à un traumatisme dont on apprendra plus tard la nature exacte. Son frère Jude file quant à lui du mauvais coton. L’argent manque de plus en plus, les tensions grandissent et pensant contribuer à un meilleur avenir pour les siens, le père de Callum prend de mauvaises décisions mais ne fait au final qu’empirer la spirale infernale dans laquelle ils sont tous englués.

Sephy et Callum se connaissent depuis leur plus tendre enfance. Ils ont grandi côte à côte et sont restés solidaires, même après qu’un fossé se soit creusé entre leurs mères respectives. Ce ne sont encore que des enfants, optimistes et rêveurs. À l’adolescence, leur amitié se mut naturellement en quelque chose de plus profond, de plus intime…d’encore moins acceptable pour le reste du monde. L’intrigue se déroule sur de nombreuses années. On voit ainsi les deux amis soumis à la fois aux exigences de leur propre camp et aux pressions du camp adverse. Callum lutte de toutes ses forces pour être admis dans une école de Primats, malgré la haine et le mépris, le harcèlement et les agressions. De son côté, Sephy a un rôle à tenir en tant que fille de dirigeant et l’on ne tolère pas qu’elle s’en écarte un tant soit peu. Convaincus que le monde est prêt à changer, ils se battent pour rester ensemble alors que tout les pousse à s’entre-déchirer. Mais dans de telles conditions, peuvent-ils réellement préserver leurs sentiments et leurs idéaux ?

Ce premier tome est intense et malmène le lecteur. On a tellement envie de protéger les liens unissant Sephy et Callum, mais on assiste en spectateurs impuissants à leur lente descente aux enfers où ils devront choisir entre famille et amour. Entre Chiens et Loups est parsemé d’occasions manquées, d’amertume et d’un insoutenable sentiment de fatalité. C’est l’histoire de deux enfants pris dans l’engrenage fatal de conflits d’adultes pour qui, bien souvent, la fin justifie les moyens. Personne n’a tort, personne n’a raison. Mais personne n’est prêt à l’admettre, et encore moins à faire le premier pas vers l’autre. Un mouvement de résistance nihil se met en place et l’on comprend rapidement que Sephy et Callum se seront jamais à l’abri, et à travers eux, les deux peuples qu’ils représentent. La fin est déchirante, elle m’a laissé le cœur brisé et il m’a fallu une éternité pour en réunir tous les fragments et écrire cette chronique. Pourtant, je n’ai qu’une hâte : poursuivre la saga !

L’histoire déchirante de deux amis d’enfance pris dans l’engrenage impitoyable de la ségrégation raciale.

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