Si on parlait de… bloguer anonymement ou pas

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« Si on parlait de… » est un rendez-vous instauré par « La Tête dans les Livres » .

On y parle de livres, de vie bloguesque, de tout et n’importe quoi… le but étant de pouvoir exprimer son opinion en toute simplicité, mais toujours autour de la lecture et de nos blogs.
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‖ À qui en parler ? ‖

En 2012, je n’étais qu’une ex-fondatrice de forums qui n’avait jamais tenu de blog. Forumactif avait énormément évolué et je n’y trouvais plus mon compte, alors j’ai fermé mes sites pour créer ce blog. Je ne connaissais encore que très mal les blogueurs littéraires, avais très peu de contacts dans le milieu et n’avais aucune idée de ce qu’était un service-presse. Je voulais tenter ma chance pour partager, interagir, et surtout renouer avec la lecture en me fixant des objectifs.

Ma famille était au courant mais comme tout ce qui me concernait, cela ne les intéressait pas. Ma sœur aînée a été la seule à parfois me poser des questions là-dessus quand elle a vu que je m’y tenais, qu’il ne s’agissait pas d’une lubie, d’un projet qui avorterait en moins de deux mois. J’étais très isolée à l’époque, je n’avais pas d’amis en dehors du web ; la question de savoir si oui ou non je leur en parlerais ne s’est pas posée. Les copinautes des forums fréquentés par le passé avec qui je discutais encore l’ont su et certaines – comme Floralys – m’ont même suivi à leur propre rythme sur la blogosphère littéraire, ce qui nous a donné un sujet de conversation de plus !

J’en discutais également avec l’équipe soignante qui me suivait en 2012-2013 et malgré les désaccords et les conflits que j’ai pu avoir avec certains d’entre eux, on était au moins d’accord sur le fait qu’il était très positif de me voir m’accrocher à ce projet. Avec le recul, je pense qu’Il était une fois a constitué une première étape décisive dans ma guérison. Il m’a permis de sortir de la passivité et ainsi de commencer à entreprendre des choses, peu importe les doutes et ce sentiment persistant d’échec qui me caractérisent et contre lesquels je bataille encore aujourd’hui.

‖ Rester anonyme ou accepter de se dévoiler ? ‖

La blogosphère et les réseaux sociaux, c’est comme la vie de tous les jours. Il y a des gens qu’on connaît mal, qu’on ne sent pas dès le départ, avec qui on ne partage pas d’atomes crochus en dehors de la lecture. Certains avec qui il y a d’office un truc, un brin de folie et d’alchimie, des points communs – dans le caractère ou dans le vécu. Mais il y a aussi des personnes qui jouent un rôle, qu’on met plus ou moins longtemps à percer à jour. On commet soi-même des erreurs, des maladresses. Un smiley mal interprété, des propos parfois pris hors contexte qui font tout remettre en question. Comme toujours avec les interactions sociales, il y a une part de raison et une autre de magie, qui ne s’explique pas. Avec l’expérience et les conséquences de nos erreurs, on apprend à faire la part des choses, à ne pas tout dévoiler au premier venu, mais aussi à repérer les personnes avec qui le premier accrochage ne se termine pas en apocalypse, les personnes assez intelligentes pour accepter leurs torts comme pour vous pardonner les vôtres.

Par contre, je suis très à cheval sur un principe : il est hors de question pour moi de parler d’autre chose que de littérature sur Il était une fois, et il en va de même sur la page facebook attenante. Pour mes coups de gueule, mes angoisses, mes poilus, mes petits bonheurs dans la vie, mes délires, je passe par mon profil personnel pour garder un minimum de contrôle même si je suis consciente d’avoir encore des ratés par moment. C’est aussi pour ça que j’ai choisi de tenir deux blogs. Je n’aime pas la bouillabaisse de thématiques, ça me coupe très rapidement inspiration et motivation. Je suis une maniaque qui cherche toujours à améliorer la mise en page et la clarté du site. Autant je fulmine contre les étiquettes dans la vie, autant j’ai besoin de compartimenter mes actions sur le web.

Tout ça pour dire que la vie de blogueur, ce n’est pas simple ! Les frontières sont d’autant plus floues que la plupart du temps, on ne rencontre jamais en « vie réelle » les gens avec qui on échange pourtant au quotidien. D’un autre côté, maintenant que mon cercle social dans cette même « vie réelle » s’agrandit, je suis plus réticente à parler de mes travaux en ligne. J’évoque parfois le fait que je tiens un site littéraire, un instagram, etc. sans pour autant en donner le titre, l’adresse url ou mon pseudonyme.

En bref, même s’il n’y a pas de mode d’emploi à suivre, ni de manuel du parfait blogueur, il y a des réserves à garder : il ne faut pas tout étaler en mode public ni tout raconter au premier voisin de votre rue. Dans le premier cas, on s’expose à des personnes mal intentionnées ou qui ont le jugement facile. Dans le second, on perd un peu de sa liberté d’expression, on se bâillonne de peur que bidule arrive aux oreilles de trucmuche. Pour autant, je ne pense pas qu’il soit possible ni même recommandable de rester complètement anonyme sur la toile, sinon on aurait tous l’air aussi convivial que des éprouvettes tentant de faire ami-ami avec le stérilisateur du laboratoire. Il faut y aller à l’instinct, avancer à tâtons, accepter parfois de tomber et trouver la force de se relever tout en tirant une bonne leçon de ses faux pas.

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