L’Héritière, de Melinda Salisbury

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

● Titre français : L’Héritière, Tome 1
Titre original : The Sin Eater’s Daughter, Book 1
Auteur : Melinda SALISBURY
Date de Parution : 17 Avril 2015
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Nombre de Pages : 327
Prix : 16,90 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Twylla est promise au prince héritier du royaume de Lormere. Mais la jeune élue possède un don maléfique. Elle a le pouvoir de tuer par son simple toucher : elle est l’arme parfaite! La cruelle reine qui l’a adoptée la contraint à exécuter les traîtres. Nul ne peut approcher Twylla sans risquer sa vie. Jusqu’au jour où Lief, son nouveau garde, charmant et rebelle, fait vaciller la jeune fille dans sa foi et sa soumission…

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎

Au début, bien que l’histoire fût agréable à parcourir, j’avoue avoir eu assez peur. L’ambiance se développe à huis-clos puisque Twylla est supposée être l’incarnation d’une fille de dieux et a donc une valeur inestimable aux yeux de sa patrie. Elle est ainsi toujours accompagnée de deux gardes, même pour se recueillir dans son temple personnel et honorer les dieux. En dehors de cela, elle n’a aucune liberté de mouvement. Une fois par mois, elle descend dans les sous-sols du château pour la Révélation, une courte cérémonie tenant place avant l’exécution de traîtres à la couronne. Une jeune fille plus ou moins emprisonnée, qu’on ne peut toucher sans en mourir, qui sert d’arme pour des personnes aux ambitions démesurées,… Tout ceci m’a très vite rappelé la saga Insaisissable de Tahereh Mafi. La plume de Melinda Salisbury est plus que correcte, mais toutefois moins poétique. On n’y trouve pas la magie qui se dégageait des mots de Tahereh Mafi. J’étais de ce fait assez inquiète de me retrouver face à une pâle copie.

Heureusement, l’intrigue finit par se démarquer de cette référence et m’a même davantage plu. L’univers fantasy dépeint par Melinda Salisbury est riche en mythologies, en rituels originaux comme le rôle de Mangeuse de Péchés de la mère de Twylla, et en légendes terrifiantes comme le conte du Prince Endormi. L’auteur introduit d’autres bases à son monde, comme les relations géopolitiques entre les trois grands royaumes et les différents cultes. Twylla sert la famille royale de Lormere depuis maintenant quatre ans. Bien que la guerre se soit terminée à son avantage, Lormere entretient encore des rapports tendus avec le pays voisin du Tregellan, qui a abandonné les dieux pour la science, la médecine et l’alchimie, et la monarchie pour la démocratie. Les deux modes de pensées et de gouvernement sont bien mis en valeur, avec leurs avantages et leurs inconvénients. L’arrivée de Lief, un jeune garde tregellan rattaché à la protection de Twylla, va venir ébranler les convictions de cette dernière et remettre toute son existence en cause. Une de leurs discussions va d’ailleurs servir de point de bascule à l’intrigue, offrant alors au roman un rythme plus dynamique et une trame plus complexe.

Mais Lief n’est pas le seul homme à graviter autour de Twylla. Avant lui, il y avait déjà le prince Merek à qui Twylla est fiancée depuis son arrivée au château. Un triangle amoureux ne tarde pas à se dessiner entre les trois personnages, et même si je suis loin d’être une inconditionnelle de ce genre de schéma relationnel, je dois avouer que Melinda Salisbury le maîtrise avec brio ! Lief est impulsif, insolent et frondeur ; d’origine modeste, il n’a pas grand chose à offrir à Twylla si ce n’est une vie d’amour passionnel et de liberté. De par sa position dans la royauté, Merek est plus froid, plus posé. Il a souvent du mal à exprimer ses sentiments envers Twylla, mais ils n’en sont pas moins forts ou sincères. Un amour plus sage et plus confortable pour Twylla, qui peut dans la foulée subvenir aux besoins de sa famille – en particulier de sa petite sœur qui lui manque tant depuis qu’elle les a quittés pour un meilleur avenir. Mais pour une fois, je ne suis pas parvenue à trancher entre les deux prétendants. Attachants et nuancés, ils apportent chacun quelque chose à Twylla que l’autre ne peut lui offrir.

L’intrigue principale reste néanmoins centrée sur des notions plus profondes et subtiles, comme les mensonges et les manipulations politiques, ou les réflexions religieuses entre une croyante et un athée. L’héroïne en elle-même est très intéressante. Au début, on a souvent envie de la secouer, de lui dire se donner les moyens d’obtenir ce qui lui tient à cœur en troquant sa soumission et sa passivité contre un peu de courage (et un peu moins d’imprudence, pardi !). Au contact de Lief, elle va s’éveiller à la vie, la vraie. Trouver les réponses aux questions qui la taraudent depuis trop longtemps, et bousculer l’ordre établi pour satisfaire cette quête de la vérité. Elle va petit à petit prendre en mains son destin, au lieu de simplement se lamenter sur son rôle de bourreau involontaire.

En bref, ce premier tome démarre sur des bases très conventionnelles, teintées de déjà-vu. L’auteur se démarque néanmoins grâce à un univers très travaillé et à la pertinence de son triangle amoureux. Elle ne lésine pas sur les complots à la Cour, et c’est un régal de découvrir ce qui se cache derrière certains masques (sadisme, quand tu nous tiens). Les derniers rebondissements sont inattendus et présagent une suite plus sombre et inquiétante. J’ai également beaucoup apprécié le choix final de Twylla qui démontre combien elle a grandi et gagné en maturité.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s