Invisibilité, d’Andrea Cremer & David Levithan

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

● Titre français : Invisibilité
Titre original : Invisibility
Auteurs : Andrea CREMER & David LEVITHAN
Date de Parution : 11 Juin 2015
Éditeur : Michel Lafon – Jeunesse
Nombre de Pages : 430
Prix : 15,95 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Stephen est invisible depuis toujours.
Une malédiction impossible.
Jusqu’au jour où Elizabeth le voit.
Elle seule peut briser le sort.
Au risque de les séparer à jamais.

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎ Rythme ∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎∎

Victime du lourd héritage d’une malédiction familiale, Stephen est né invisible. Sa mère s’est toujours occupé de lui, même quand son père a préféré fuir vers une vie plus simple, mais aucun des deux n’a jamais daigné lui expliquer le pourquoi du comment. Aujourd’hui, Stephen est plus seul que jamais : sa mère est morte… cette mère qui ne pouvait certes pas le voir, mais qui l’aimait du plus profond de son être et faisait son maximum pour l’aider à affronter chaque jour ce cauchemar. Stephen doit se concentrer et faire de gros efforts pour donner de la consistance à son corps et pouvoir ainsi s’alimenter, ouvrir des portes,… Tous ces petits gestes du quotidien que nous effectuons machinalement lui demandent une attention de tous les instants. Mais peu importe l’énergie déployée, il reste désespérément invisible aux yeux du reste du monde comme aux siens. Un jour, une famille emménage dans un appartement voisin. Stephen fait tout d’abord la connaissance d’Elizabeth, la fille aînée, et là son monde bascule : contre toute attente, Elizabeth le voit en chair et en os !

Cette rencontre marque un tournant décisif dans la vie des deux jeunes gens. Stephen peut enfin profiter de toute la richesse des interactions humaines normales ; il est plus qu’une ombre, un fantôme, un courant d’air. De son côté, après avoir été confrontée à un traumatisme important dans son ancienne ville de résidence, Elizabeth apprend à refaire confiance, à se rouvrir aux autres. Vous l’aurez compris, ils tombent vite amoureux l’un de l’autre et j’ai malheureusement trouvé leur relation très mal gérée. De par ce qu’elle a vécu par le passé, il aurait été logique que la jeune fille se montre plus méfiante et hésitante envers Stephen, mais c’est tout de suite l’amour fou. C’est bien trop rapide pour être crédible et ses longues tirades éperdues ne tardent pas à envahir les chapitres qui lui sont dédiés. Les passages mettant en scène Stephen sont plus travaillés. On découvre en détails toutes les implications physiques, psychologiques et sociales de l’état dans lequel il se trouve et on ne peut que compatir. Ses sentiments pour Elizabeth sont évoqués d’une plume plus mature et naturelle. Mon personnage préféré reste toutefois Laurie, le petit frère gay d’Elizabeth. Je l’ai trouvé amusant et attachant, et bien qu’il ne puisse voir Stephen, il apporte réellement quelque chose au roman.

Quant à l’histoire-même, elle est assez conventionnelle en matière de fantastique pour jeunes adultes. L’idée de la malédiction est intéressante mais on ne saura jamais ni d’où, ni à quand remontent les pouvoirs des lanceurs de malédiction et des chercheurs de sorts. J’ai sincèrement trouvé frustrant que la mythologie soit à ce point ébauchée. L’univers est également très manichéen et j’ai eu du mal à comprendre l’acharnement de certains personnages. Toute cette romance, toutes ces sensations poussées à l’extrême m’ont paradoxalement tenue à distance du couple formé par Stephen et Elizabeth, tout comme des enjeux pour leur entourage. Malgré des passages tendus, introduisant de furieux rebondissements, je n’ai pas ressenti l’intensité des drames en cours. Le roman aurait beaucoup gagné à se faire plus subtil et progressif.

Invisibilité a tendance à naviguer entre notions de « trop », « trop vite » et « trop peu ». L’ensemble garde cependant un bon rythme si l’on parvient à mettre de côté ces petits défauts. Tout au long de cette lecture, on se demande comment tout cela va bien pouvoir finir. Stephen va-t-il pouvoir se débarrasser de cette horrible malédiction ou perdra-t-il encore davantage dans la foulée ? La conclusion reste assez ouverte et en a apparemment frustré plus d’un. Pour ma part, je trouve qu’Andrea Cremer et David Levithan nous ont offert assez d’éléments pour nous permettre d’imaginer le futur des personnages.

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