[Extrait] Les Beignets d’Oscar

J’ai été Mazzarò pendant une grande partie de ma vie, j’ai acheté un tas d’objets inutiles, collectionné disques et bandes dessinées, tee-shirts et maillots de bain. Je suis peut-être encore un peu Mazzarò, j’ai du mal à me séparer de mes effets personnels. Toutefois je sens déjà poindre un détachement progressif, une lente désaffection vis-à-vis des choses matérielles. J’en prends conscience quand je lis une bande dessinée et que je casse la reliure sans ce respect religieux que j’avais jusqu’alors pour ce type d’objets. Je comprends soudain que les hommes ne sont pas ou bons ou mauvais, méridionaux ou septentrionaux, intelligents ou stupides, que toutes ces distinctions qu’on invente pour animer l’existence ne veulent rien dire. Il y a d’un côté les « casseurs de livres » et de l’autre les « non-casseurs de livres ». Les premiers sont heureux. Les seconds peuvent le devenir.

Les beignets d’Oscar — Fausto BRIZZI — paru chez Fleuve Éditions en mai 2015
Page : 111 sur 394

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