Zen, de Maxence Fermine

zen⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre : Zen
Auteur : Maxence FERMINE
Date de Parution : 15 Octobre 2015
Éditeur : Michel Lafon
Nombre de Pages : 134
Prix : 14,95 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

« Chaque jour, de l’aube au crépuscule, Maître Kuro pratique l’art subtil de la calligraphie. Pendant de longues heures, dans un recueillement proche de la plénitude, il reste agenouillé devant un rouleau de papier de riz et le recouvre d’encre noire. Peu lui importe le vaste monde et ce qui le régit depuis des siècles. Il vit concentré sur son labeur et sur la direction, la finesse du trait qu’il dessine à main levée. Avec verticalité, harmonie, simplicité et élégance.
Ainsi va la vie, tranquille et apaisante, de Maître Kuro. »

Jusqu’au jour où…

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎

C’est la première fois que je lis cet auteur et le charme a immédiatement opéré. D’une plume élégante et épurée, Maxence Fermine nous plonge dans un Japon contemporain où la magie de la calligraphie opère toujours malgré les technologies de pointe. Maître Kuro est un pilier dans ce domaine. Il vit à l’écart de la civilisation ; Kyoto se trouve à trois heures de marche de sa résidence et il se rend seulement au village voisin pour flâner entre les étals les jours de marché. Il y mène une existence simple, épanouie et enrichissante, malgré le dénuement dans lequel il semble vivre au quotidien. Par la voie du zen, il a appris à atteindre équilibre et sérénité, à communier avec son environnement, et c’est cette même discipline qui fait de lui un maître incontesté parmi les calligraphes du pays. De temps à autres, il accueille un(e) apprenti(e) dans son humble demeure et c’est ainsi qu’apparaît Yuna sur le seuil de sa porte, une jeune femme particulièrement douée qui ne tardera pas à chambouler son paisible univers.

Si l’intrigue se résume en quelques mots et qu’elle n’a rien d’original en soi, il s’en dégage pourtant quelque chose de très fort. L’auteur parvient aisément à nous transporter par-delà mers et océans, dans une savoureuse ambiance asiatique où le recueillement sert l’art et la maîtrise du geste. Les paysages, les bruits de la nature, les jeux d’ombre et de lumière, l’opposition constante entre un Japon ancestral et un Japon des temps modernes,… tout est ici parfaitement retranscrit. Et pourtant, on reste comme détachés, extérieurs aux personnages. On les voit évoluer chacun de leur côté, se rapprocher l’un de l’autre avec force hésitations. On entendrait presque résonner les notes d’un shamisen* pour les guider, les aider à coordonner leurs mouvements et à s’avouer leurs sentiments naissants.

Pendant cette lecture, je me suis retrouvée plongée dans un silence étrange et bénéfique. Ce ressenti si particulier est d’ailleurs renforcé par le découpage du roman en courts chapitre d’une ou deux pages, qui abordent différentes tranches de vie plutôt que d’offrir une réelle continuité dans le fil rouge de cette histoire d’amour. En refermant le livre, je me suis sentie incroyablement apaisée. C’est une expérience unique que je ne peux que vous recommander, surtout si vous êtes intéressés par tout ce qui a trait à la culture japonaise. L’œuvre est  poétique et enchanteresse, petite bulle de silence enveloppée de coton, et si je devais lui faire un seul reproche, ce serait peut-être son prix un peu excessif pour un livre d’à peine cent trente-quatre pages…

*shamisen : instrument de musique traditionnel, comparable à un long luth à trois cordes

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3 réflexions sur “Zen, de Maxence Fermine

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