Celles de la rivière, de Valerie Geary

celles de la rivière⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre français : Celles de la rivière
Titre original : Crooked River
Auteur : Valerie GEARY
Date de Parution : 04 Novembre 2015
Éditeur : Harlequin – Mosaïc
Nombre de Pages : 395
Prix : 18,90 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

La femme qu’emporte la rivière Crooked flotte entre deux eaux. Sur la rive, deux fillettes qui jouent dans l’après-midi ensoleillé. Elles sont les premières à découvrir le corps et, soudain, leurs jeux cessent. Leur enfance bascule dans la dureté du monde des adultes. La veille, leur père les a laissées seules suffisamment longtemps pour qu’elles puissent le croire coupable de meurtre. Pour ne pas le perdre, comme elles ont perdu leur mère quelques semaines auparavant, elles décident de mentir sur son emploi du temps… et resserrent bien malgré elles les mailles du soupçon autour de lui, le livrant en pâture à une petite ville dont les préjugés et les rancunes lui laissent peu de chances…

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎

Ce roman commence comme tout bon thriller : Sam et Ollie, deux sœurs en vacances, découvrent un cadavre dérivant dans la rivière voisine où elles étaient parties se baigner, mais dès le départ, leur rapport à la mort surprend. Pas de cris, pas de pleurs, et des réactions bizarres comme quand l’aînée avance dans l’eau et tente de hisser le corps sur la berge au lieu de se contenter d’alerter la police. La victime est malheureusement emportée par le courant et les filles rebroussent chemin pour rentrer chez elles, sans parler à personne de leur macabre découverte. La cadette a dix ans à peine et n’a pas prononcé un mot depuis la mort de leur mère quelques semaines auparavant.

On découvre qu’elles vivent désormais avec Ours, surnom donné à leur père qui a tout quitté pour vivre en ermite quand Sam était encore toute petite. Tous les trois vivent sous un tipi et s’occupent de quelques ruches d’abeilles, faisant de leur mieux pour vivre aussi normalement que possible après leur drame personnel et tous les chamboulements qui en ont découlé. Sam et Ollie comprennent que le deuil n’est pas la seule épreuve qu’elles auront à affronter quand leur père s’absente une nuit entière et revient avec un veste tachée de sang dans sa besace. Le corps est découvert peu de temps après par une autre personne. Sam doute de plus en plus – les preuves semblent toutes pointer vers leur père – mais elle continue de garder le silence…

L’intrigue de Celles de la rivière respecte les codes du genre policier / thriller : Sam refuse de perdre son père si vite après le décès de sa mère et va faire des pieds et des mains pour découvrir la vérité, celle que les habitants de la petite ville voisine semblent tant vouloir déformer pour mieux condamner cet ermite, si différent, si asocial. Mais Valerie Geary est parvenue à nous raconter cette enquête d’une manière tout à fait personnelle. La nature est au premier plan, on évolue au milieu des herbes hautes, des fleurs, des arbres et de l’eau. L’impression de quiétude qui se dégage du texte malgré les événements est renforcée par le mutisme d’Ollie. Avec ce personnage, l’auteur apporte une légère touche fantastique à son récit. Ollie voit des fantômes, parvient à les comprendre, et celle de la rivière veut obtenir justice coûte que coûte. Ou peut-être serez-vous de ceux qui, comme Sam, pensent que ce don n’est que l’expression du traumatisme subi en perdant sa mère si jeune et en devant aller vivre chez un père qu’elle connaît à peine ?

Les personnages principaux sont attachants, qu’il s’agisse du comportement souvent irréfléchi de Sam, du mystère nimbant la petit Ollie, du couple de retraités aux petits soins avec Ours et ses filles. En ville, on fait la connaissance d’un florilège assez représentatif de la population : une gérante de boutique d’occasion rayant le parquet avec ses dents, son fils adolescent et indolent attiré par Sam, le shérif inquiet des prochaines élections, son adjointe zélée et en manque de reconnaissance, la serveuse du restaurant local, le pasteur légèrement inquiétant. Autant de pistes possibles pour sortir Ours du pétrin dans lequel il se trouve… ou l’y enfoncer.

Mélange de drame et de thriller, d’ombres et de lumière, ce roman déroule son fil conducteur aussi paisiblement que s’écoule la vie dans la prairie. Les éléments s’emboîtent petit à petit et le rythme s’emballe dans la dernière partie, où s’étale toute la grandeur de la folie humaine. C’est aussi une belle et triste histoire de rédemption car dès les premières pages, une question n’avait de cesse de me tarauder : quel a été le facteur déclenchant dans la vie d’Ours ? Qu’est-il arrivé pour que du jour au lendemain, il quitte femme et enfants pour aller vivre au milieu de nulle part alors qu’il les aimait tant ?

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