U4 : Koridwen, d’Yves Grevet

u4 koridwen⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Saga : U4
Titre : Koridwen
Auteur : Yves GREVET
Date de Parution : 18 Août 2015
Éditeurs : Nathan – Syros
Nombre de Pages : 377
Prix : 16,90 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Koridwen est la dernière survivante d’un hameau de Bretagne. Avec l’aide du vieux Yffig, elle a inhumé les neuf autres habitants du coin. Puis le vieux Yffig est mort à son tour, et Koridwen l’a enterré lui aussi. Avant de mourir, la mère de Kori lui a confié une enveloppe laissée par sa grand-mère, à ouvrir le jour de ses quinze ans. Cette lettre, qui parle d’un long voyage et de mondes parallèles, fait si étrangement écho au message reçu sur Warriors of Times que Koridwen est ébranlée malgré elle. Elle décide d’aller chercher son cousin Max et de se rendre avec lui en tracteur au rendez-vous à Paris.

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎∎

Koridwen vit au milieu des vaches dans la petite exploitation agricole de son père, mais sa bourgade n’a pas pour autant été épargnée par le fléau qui s’est abattu sur le monde. Le virus U4 a décimé la majorité de la population et les rares survivants sont majoritairement des adolescents. De plus en plus acculée et menacée par une bande convoitant ses vivres et son puits, elle finit par céder à la tentation de voyager jusqu’à Paris pour voir si d’autres joueurs-phares du MMORPG Warriors of Times répondront comme elle à  l’appel. Même si elle ne croit pas en la promesse de rédemption contenue dans le message initial, elle espère trouver sa place, ne plus avoir à survivre seule. Elle récupère son cousin Max, atteint d’un handicap mental, arrime une bétaillère au tracteur familial et en route pour l’aventure ! Une route parsemée de rencontres et d’embûches…

L’univers post-apocalyptique dépeint ici par Yves Grevet respecte les codes du genre. Des villes fantômes, du survivalisme, des enfants livrés à eux-mêmes avec pour seules alternatives des camps de réfugiés (instaurés petit à petit par ce qu’il reste du gouvernement) ou d’impitoyables guerres de clans. Même si le déroulement des événements est bien géré, l’ensemble manque d’originalité et de profondeur. L’armée incarne forcément du mauvais ; on nous parle de délits, de traçage, d’enrôlement, etc, mais au fond, on ne nous donne que la version de l’histoire telle que des enfants la perçoivent. J’ai souvent eu envie de demander des explications complémentaires sur ce que je lisais, et j’ai été encore moins convaincue par la finalité de l’histoire et la mythologie celte abordée. J’ai trouvé que ça détonait, que ça s’emboîtait mal, qu’on nous exposait une solution de facilité plutôt que de prendre le temps de tisser une toile complète. Je suis consciente qu’il s’agit de littérature jeunesse, mais malgré cela, j’aurais aimé me demander moins souvent : « mais pourquoi ? comment ? ».

Les choix de narration de l’auteur donnent voix à Koridwen et on découvre son histoire à travers un phrasé jeune et simplifié. La sauce a d’autant moins pris que je n’ai pas trouvé Koridwen attachante. Elle est froide, calculatrice et se laisse trop facilement embarquer dans cette histoire d’héritage, elle qui semble si terre-à-terre et bornée le reste du temps. Même quand elle déplore sa séparation avec Max ou les terribles drames dont elle est témoin, j’ai eu du mal à la croire. Les héroïnes fortes et indépendantes, ça fait toujours plaisir. Les filles n’ont pas à systématiquement être des demoiselles en détresse. Mais de là à perdre toute humanité… Elle parle rarement de son passé, de la vie qu’elle menait avant avec ses parents, et quand elle le fait, c’est toujours de façon hautaine. Mais là encore nous manquons trop d’éléments pour considérer les faits évoqués comme acquis. Les détails autour de la lettre que Koridwen trouve en début d’intrigue ne m’ont pas suffi. Je me fais vite des nœuds dans la tête quand on aborde les paradoxes temporels, il y a tant de directions possibles… et il m’en faut donc sûrement plus que la moyenne pour m’embarquer complètement dans l’aventure.

En conclusion, U4 : Koridwen est un roman jeunesse bien rythmé, exploitant les ficelles habituelles de la vague post-apo / pandémie. Il aurait néanmoins gagné à s’en éloigner davantage pour se forger une réelle identité dans la sphère littéraire. L’intrigue est facile à parcourir mais de mon point de vue, elle manque singulièrement de peaufinage. Koridwen est mise à l’honneur de toutes les façons possibles, et même si je sais que trois autres personnages possèdent leur propre roman, j’aurais aimé que l’auteur donne davantage corps aux petits rôles secondaires, d’autant plus que je n’ai pas accroché à son héroïne. La lecture n’a pas été désagréable mais est restée trop lisse. La conclusion elle-même dégageait un fort sentiment de déjà-vu et n’a pas suffi à satisfaire toutes les questions qui me sont venues en tête au fil des pages. Je pense tenter ma chance avec Yannis, mais si cela ne m’interpelle pas plus, je passerai mon tour pour les deux autres opus.

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