Fake Fake Fake — Zoë Beck

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre français : Fake Fake Fake
T. original : Edvard, mein Leben, meine Geheimnisse
Auteur : Zoë BECK
Date de Parution : 06 Janvier 2016
Éditeur : Milan
Nombre de Pages : 221
Prix : 12,50 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Un prénom pourri, des chaussures taille 49, pas un poil sur le torse et des parents bobos artistes : Edvard, 14 ans, est mal parti pour séduire Constance. Alors, sur Facebook, Edvard devient Jason, Américain en voyage scolaire. Jason, le double rêvé et parfait… Constance mord à l’hameçon. De mensonge en mensonge, les demandes d’amis explosent, et la machine s’emballe…

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎∎

Je m’attendais à un ouvrage young adult, mais au final, « Fake Fake Fake » se promène plutôt sur les étagères de la littérature jeunesse.

Edvard a quatorze ans. En pleine crise d’adolescence, il a l’impression de porter tous les malheurs du monde sur ses épaules. Son ennemi juré, Henk, lui pourrit la vie et dès les premières pages, les réparties des deux garçons ne volent pas très haut. Edvard est obnubilé par son torse, rêvant d’y voir pousser ses premiers poils pour pouvoir assurer un combat de coq avec Henk et prouver qu’il est lui aussi très viril. Edvard est amoureux de Constance, une fille populaire qui s’entête à le prendre de haut et à ignorer ses demandes d’amitié sur Facebook. Du coup, il se crée un faux compte (« Jason » est un américain de leur âge en échange scolaire en Allemagne) avec lequel il espionne Constance (qui joue les midinettes devant ce bel étranger) et discute régulièrement avec elle via la messagerie privée du site. Pris à son propre piège, Edvard réalise que se servir de Jason ne fait qu’éloigner encore davantage l’élue de son cœur… et c’est en s’en débarrassant que les choses vont se gâter !

L’histoire est très basique. Présentée sous forme d’un journal intime tenu par Edvard, on nous y raconte dans un style très (trop ?) simple les tracas de l’adolescence, les clans formés par les élèves et les conflits à la pelle. Malgré un père stable et apprécié et une mère artiste et un brin rebelle, Edvard se plaint sans arrêt d’eux et dramatise beaucoup. Franchement, quand on marche accidentellement dans une déjection canine, qui jette directement ses chaussures à la poubelle au lieu de simplement les nettoyer ? Heureusement, cet incident ne sera qu’un prétexte pour qu’Edvard se rapproche d’un vieux voisin, monsieur Tannenbaum. Ce dernier  va l’aider à trouver sa voie et Edvard va à son tour lui venir en aide. Cette intrigue intergénérationnelle compense le début maladroit du roman, avec des vacances à la campagne sans grand intérêt et un Edvard particulièrement geignard et agaçant.

Mais l’ensemble reste trop léger et improbable. Le développement de l’histoire autour du faux profil de Jason est absolument abracadabrantesque. Nous savons tous à quel point il est difficile de développer une page Facebook mais ici, en quelques semaines, c’est l’avalanche d’abonnés alors qu’aucune réelle communication n’y est faite. Pire encore, on veut nous faire croire qu’une gamine de quatorze ans est apte à ouvrir une fondation caritative et prendre en charge d’autres formalités administratives. Même en admettant qu’elle ait demandé de l’aide à ses parents, je ne pense pas qu’autant de gens leur auraient si facilement fait confiance.

Je ne sais vraiment pas quoi penser de ce roman. Il est rapidement parcouru, il y a des passages assez amusants mais la morale de l’histoire me dérange beaucoup. Les arnaques en ligne seraient-elles respectables ? À croire que la fin justifie les moyens… Les adultes ne cherchant même pas à raisonner leur progéniture, je pense qu’il est important dès le tout début de lire les aventures d’Edvard au second degré pour pouvoir un tant soit peu les apprécier.

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6 réflexions sur “Fake Fake Fake — Zoë Beck

  1. simplemademoiselle dit :

    Le livre m’a tenté au début avec la couverture (j’y suis attentive en général), mais quand j’ai lu le résumé, je me suis dit que j’allais attendre ton avis avant de l’ajouter dans ma PAL.
    En fait, quand je lis tes mots, je dois t’avouer que je ne suis pas très surprise de ton avis et de ce que tu as pu ressentir.
    A travers le résumé, on reconnait déjà – je trouve- un style adapté et visant un public plutôt adolescent, avec de l’humour et de l’exagération, et non un caractère plus grave avec la volonté de soulever certaines problématiques.
    Du coup, c’est vrai que tu ne fais que confirmer mon impression dans ce sens, et je peux comprendre ton désarroi si tu t’attendais à avoir un roman plus « adulte » (même si je ne sais pas le définir clairement), ou toutefois, qui amène à une réflexion assez profonde sur le mensonge, l’identité, et les réseaux sociaux.
    Et malheureusement, comme les adolescents/adulescents sont souvent très connectés, cela reste souvent le public visé, d’où un certain sentiment de « manque de profondeur » (je parle pour moi) ou de cohérence (si l’histoire est prenante, généralement, peu y prête attention, la plupart du temps)

    D’ailleurs en faisant des recherches sur ce livre, un autre ayant la même thématique a attiré mon attention : Faux profil de Jerôme Dumoulin.
    Malgré certains critiques, il est assez engageant. Peut-être que ce dernier sera ajouté à ma PAL ^^

    Merci pour ton avis en tout cas ! Il m’a convaincu !

    Aimé par 1 personne

    • Thalyssa dit :

      Je lis régulièrement des romans ciblés jeunesse sans que ça me dérange, j’y fais même de très belles découvertes. Mais là, la pilule n’est passée qu’à moitié. Au final, c’est le genre d’histoire qu’on verra traitée dans d’autres romans, par d’autres auteurs… en mieux !

      Par contre, j’avoue me laisser influencer par le label « Milan Macadam ». J’ai si souvent été ébranlée par leur ligne éditoriale que j’ai sûrement plus d’exigences que pour d’autres lorsque j’attaque un de leurs ouvrages.

      Merci de m’avoir parlé de « Faux profil », j’espère pouvoir un jour m’y pencher moi aussi. 😀

      Aimé par 1 personne

  2. Buckette dit :

    Houla ! La couverture et le pitch avaient l’air sympa mais si l’écriture est trop simple et que c’est des ados en pleine puberté avec aussi peu de raisonnement, je vais passer mon chemin.

    Je ne sais pas si tu avais lu ce livre « Profil » où des adolescents découvraient FB et voyaient leurs doubles du futur évoluer en temps et en heure via leurs profils. C’était original mais un peu superficiel aussi… 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Thalyssa dit :

      Ça se résume assez à ça, malheureusement ^^° Le roman semble recevoir un accueil mitigé, ça passe ou ça casse !

      « Profil » de Jay Asher, chez Milan Macadam également ? Si oui, je l’ai…. coincé dans ma PAL gargantuesque 😛

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