Kanon au bout du monde, T1 — Kyô YONESHIRO

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧
 あげくの果てのカノン

Titre français : Kanon au bout du monde, Tome 1
Rōmaji : Ageku no Hate no Kanon
Auteur : Kyô YONESHIRO
Date de Parution : 13 Juin 2019
Éditeur : Akata
Nombre de Pages : 224
Prix : 8,05 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Depuis qu’une nuée d’extraterrestres s’est abattue sur le pays, une sempiternelle pluie tombe sur Tokyo. Le peuple vit désormais séparé en deux : ceux qui vivent à la surface, et des privilégiés vivant sous terre. Kanon, jeune femme qui travaille dans un petit café, fait partie de ceux de la surface. Sous ses airs fragiles, elle cache en réalité un caractère pour le moins unique : malgré la situation du monde, son unique préoccupation est Sosuke Sakai, l’homme qu’elle aime en vain depuis le lycée. Des retrouvailles inattendues lui permettront-elles d’enfin conquérir le cœur de son idole ? Rien n’est moins sûr… Car Sosuke, véritable héros national engagé dans la lutte contre l’invasion des « gelées », est de surcroît un homme marié… Kanon aura-t-elle le courage de courir après cet amour interdit ?

⌧ CHRONIQUE ⌧

C’est le pitch qui m’a attirée vers ce manga. Une histoire d’amour sur fond d’invasion extraterrestre, je voulais clairement en savoir plus. Dès les premières pages, on comprend que la société telle que nous la connaissons a subi un schisme : il y a les gens qui habitent à la surface, les plus démunis et donc les plus exposés, à la fois aux attaques des « gelées » et à la pluie continuelle qui s’abat sur Tokyo. La ville souterraine est quant à elle réservée à l’élite : politiciens, fortunés et combattants.

Kanon fait partie de la première catégorie. Modeste serveuse dans un salon de thé, elle vit dans sa bulle, relativement coupée des gens qui l’entourent comme son adolescent de frère, insolent et taquin. Elle voue un véritable culte à Sôsuke Sakai, un jeune homme dont elle est tombée amoureuse au lycée même si ses sentiments n’étaient pas réciproques, et qu’elle a retrouvé huit ans plus tard sur son lieu de travail. Sôsuke est désormais membre d’une unité réputée pour ses victoires contre les « gelées » extraterrestres et présente une attitude assez équivoque. Il semble flirter avec Kanon alors qu’il est marié et ne s’en cache pas. De son côté, Kanon est très sensible à ses petites attentions, elle ne demande que ça tout en tâchant de se persuader que ce n’est pas correct.

Kanon m’a honnêtement mise mal à l’aise tant sa façon d’aimer est dérangeante. Elle apparaît davantage comme une stalker* (harceleuse) qu’une grande romantique. Elle est obsédée par Sôsuke, collectionne tous les objets qu’il a pu toucher comme les baguettes avec lesquelles il a mangé au restaurant, elle possède la liste de ses ex, avec photos, loisirs et descriptifs à l’appui. Elle garde jusqu’aux fichiers audio des conversations qu’il a pu tenir avec elle ou avec d’autres, et qu’elle a enregistrées sur son téléphone à son insu. Elle le suit au dehors, incapable d’attendre sa prochaine visite au salon de thé. Ce côté malsain m’a fait décrocher de l’intrigue, je n’ai pas trouvé l’héroïne attachante malgré ses dilemmes et l’univers particulier dans lequel elle évolue.

Un univers par ailleurs sous-exploité. On n’en sait encore que très peu sur l’invasion des « gelées » et la menace réelle qu’elles représentent. C’est mon plus grand regret parce qu’on sent bien qu’il y a des idées par derrière. Comme le concept de régénération qui permet aux combattants comme Sôsuke de retrouver des membres amputés pendant les affrontements ou de guérir des blessures les plus sévères. Tout en sachant qu’à chaque régénération, le corps et le mental du patient changent. Ainsi, Sôsuke se détache de plus en plus de sa femme, laissant une ouverture à Kanon qui peine évidemment à ne pas se laisser tenter.

Si l’on met de côté la personnalité particulière de l’héroïne, on voit tout le soin apporté à la psychologie des personnages et à leur évolution. La médiatisation des combats est intéressante elle aussi, tout à fait en phase avec notre époque où l’on montre tout, tout le temps, à tout le monde. Les abris anti-atomiques et les constructions souterraines se dévoilent légèrement à nous et aident à nous immerger dans ce Tokyo post-apocalyptique.

Le crayonné de la mangaka est encore fragile, il y a des problèmes de perspective au niveau des visages qui manquent également d’expressivité. Les décors sont rares et minimalistes. La narration est parfois assez brouillonne comme ces allers-retours intempestifs entre le présent et le passé sur une même page. Les deux périodes s’enchaînent très rapidement, sans plus de démarcation qu’un cadre noir autour des cases. Il m’a fallu relire ce passage à plusieurs reprises pour bien saisir ce qui se passait, et quand.

Malgré ces remarques mitigées, Kyô Yoneshiro est parvenue à titiller ma curiosité, surtout avec ce twist totalement improbable en fin de tome, qui tend à remettre tout en question et qui a le mérite de bousculer les codes du genre. Je pense lire le second tome (série terminée en 5 volumes au Japon), en espérant que le contexte science-fiction sera davantage développé puisqu’il fait autant la force de ce récit que la romance non conventionnelle dépeinte entre ces pages.

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