Le Paradis Blanc — Kristin Hannah

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre français : Le Paradis Blanc
Titre original : The Great Alone
Auteur : Kristin HANNAH
Date de Parution : 04 Octobre 2018
Éditeur : Michel Lafon
Nombre de Pages : 541
Prix : 20,50 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Quand Ernt rentre du Vietnam, son fils Leni, dix ans, ne le reconnaît pas. Poursuivi par de terribles cauchemars, Ernt se montre violent envers sa femme Cora. Un jour, il reçoit une lettre du père d’un de ses amis, mort dans ses bras durant cet enfer, qui lui lègue une masure en Alaska. Il se dit qu’il pourra peut-être s’y reconstruire. Avant la guerre, ils étaient si heureux…

⌧ EXTRAIT ⌧

« Quelqu’un m’a dit un jour que l’Alaska ne forgeait pas le caractère, elle le révélait. La triste vérité, c’est que l’obscurité qui peut régner en Alaska a révélé le côté obscur de mon père. Il était vétéran du Vietnam, ancien prisonnier de guerre. Nous ne savions pas alors tout ce que cela signifiait. Maintenant, nous le savons. » – Leni

 

5+++

⌧ CHRONIQUE ⌧

Kristin Hannah m’avait bouleversée avec son roman « Le Chant du Rossignol ». J’y avais apposé la mention « coup de cœur » – pour laquelle je suis assez avare – parce qu’elle a laissé sa patte sur mon esprit longtemps après en avoir tourné la dernière page. Elle a ainsi rejoint le club des auteurs et autrices dont j’explore les nouveautés les yeux fermés. Ce deuxième roman est venu confirmer son talent fou et sa sensibilité hors-du-commun.

Dans « Le Paradis Blanc », Kristin Hannah choisit une fois encore d’aborder des moments forts de l’Histoire. Après la Seconde Guerre Mondiale, la voici qui traverse l’Atlantique pour rejoindre la côte ouest des États-Unis où vivent Leni et ses parents. Depuis son retour du Vietnam, son père n’est plus le même. Dominé par son addiction pour l’alcool et son comportement impulsif et colérique, Ernt contraint sans cesse sa famille à déménager pour lui permettre de retrouver du travail, faisant de Leni une fillette isolée. Elle ne reste jamais assez longtemps au même endroit pour forger des amitiés, et se réfugie donc dans les livres. Quand Ernt hérite d’un lopin de terre en Alaska d’un camarade tombé au combat, la fillette a vraiment envie d’y croire autant que son père. Dans cet endroit où seuls les plus forts et les plus malins subsistent, Ernt n’aurait plus à se battre contre une société qui tend à le rejeter ; il pourrait enfin trouver sa place et offrir un cadre de vie stable à sa femme et à sa fille. Mais l’Alaska n’est pas seulement une terre de liberté et d’autosuffisance. Ses longs hivers en rendent plus d’un complètement fou et les anciens racontent que vous n’y avez droit qu’à une seule erreur. La seconde vous tue.

Entre un père dépendant et violent, qui n’hésite pas à lever la main sur sa femme pendant ses crises, et une mère prête à tout pardonner par amour, on redoute d’emblée le pire pour cette fillette lorsque viennent en plus s’ajouter à l’équation les dangers mortels de la nature. Mais elle trouvera sur place des alliés de taille, comme Marge et la famille Walker. Tandis que celle de l’ancien compagnon de guerre d’Ernt viendra entretenir les vices de ce dernier.

De sa plume riche et soignée, Kristin Hannah nous fait traverser les années aux côtés de Leni. Dans tout ce que l’Alaska a de plus beau et de plus sombre. Elle dépeint sans concession les conséquences dramatiques de l’alcoolisme, d’un stress post-traumatique qu’on laisse se déchaîner, ainsi que les liens inextricables de l’amour et de la famille. On les voit tous essayer si fort de laisser leur passé derrière eux, on aimerait tant y croire. Pourtant, Leni devient adulte et tout semble aller de mal en pis. Au fil de ses mésaventures, Leni réalise combien sa famille est dysfonctionnelle, combien l’amour que partagent ses parents est toxique pour eux tous.

L’Alaska me fascine depuis toute petite, lorsque le célèbre « Croc Blanc » de Jack London a atterri entre mes petites mains, et je dois avouer que malgré les cruelles vérités énoncées par l’autrice, ce roman ne fait qu’exacerber cette envie irrépressible de m’y rendre un jour.

En dépit de sa noirceur et de cet arrière-goût de fatalité qu’il nous laisse parfois en bouche, ce roman est une ode à l’amour. Celui d’un père déchiré entre ses démons et ses êtres chers. Celui d’une mère pour l’homme de sa vie, même brisé, et pour sa petite fille, son roc, son espoir. Celui d’une jeune fille envers ses parents. Envers un camarade de classe. Envers un pays. Un mode de vie. L’amour de ces habitants du bout du monde, veillant les uns sur les autres puisque ainsi isolés, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Nous espérons tant les voir briser les spirales infernales dans lesquelles la vie s’évertue à les plonger, encore et encore. Nous chutons avec eux, le cœur en lambeaux. Nous espérons un dénouement heureux, envers et contre tout.

« Le Paradis Blanc » est une œuvre d’une grande humanité, elle nous met face à ce qu’il y a de plus brut dans ses personnages, et à cette quête du bonheur qui en a épuisé plus d’un. Elle nous parle de pardon, de rédemption et de résilience. Une œuvre aussi forte que sa jeune héroïne que nous suivons de l’enfance à l’âge adulte, brindille offerte aux tumultes des quatre vents – qui n’en ressortira peut-être pas indemne, mais assurément plus forte que ses parents ne l’ont jamais été. Ce roman ne peut laisser personne indifférent tant il touche à des thèmes universels et toujours d’actualité.

2 réflexions sur “Le Paradis Blanc — Kristin Hannah

  1. Buckette dit :

    Quelle piètre lectrice je fais. J’ai adoré Le chant du rossignol aussi et j’ignorais totalement qu’elle avait écrit un nouveau livre ! Je l’ajoute, même si je redoute les scènes de violences, j’ai envie de connaître l’histoire aussi.

    Aimé par 1 personne

    • Thalyssa dit :

      Ce n’est pas moi qui te jetterai la pierre. Je connaissais la sortie de ce titre, mais je l’ai lu avec plus d’un an de retard. Kristin Hannah a un sacré talent ♥

      J'aime

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