Le Manoir des Immortels — Aimée Carter

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Saga : Le Destin d’une Déesse, Tome 1
Titre français : Le Manoir des Immortels
Titre original : The Goddess Test
Auteur : Aimée CARTER
Date de Parution : 1er Juin 2012
Éditeur : Harlequin – Darkiss
Nombre de Pages : 384
Prix : 14,10 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Tignasse noire et yeux de lune, le dieu Hadès, rebaptisé Henry, cherche depuis cent ans la jeune fille mortelle capable de passer les sept épreuves qui feront d’elle sa reine. La reine des Enfers. Jusqu’à présent, toutes les « élues » ont échoué. Et en sont mortes.
Elle est l’élue… Pour prolonger la vie de sa mère gravement malade, Kate donnerait tout. Mais quand elle rencontre le sombre Henry et qu’il affirme détenir le pouvoir d’exaucer un tel vœu, elle doute… Avant que de mystérieux et terribles événements ne l’obligent à accepter le pacte.
Sept épreuves et une tentation… Un pacte infernal. Si Kate triomphe des sept épreuves qui feront d’elle la nouvelle reine des Enfers, elle sauvera du même coup sa mère. Mais l’une de ces épreuves peut tout faire échouer : l’amour, et la tentation du désir… pour le ténébreux et séduisant Henry.

⌧ CHRONIQUE ⌧

Gros coup de cœur pour la couverture et un titre qui m’intrigue car justement, le mot « Immortels » évoque souvent les vampires, sauf que ladite couverture semble dire toute autre chose. Et là, je découvre absolument ravie que ce 1ertome parle de mythologie grecque. Enfin un peu de fraîcheur et de nouveauté dans le monde de la littérature jeunes adultes ! J’ai étudié le grec ancien au collège et au lycée, justement pour cette passion de leurs légendes antiques. Autant dire que j’avais des attentes plutôt grandes pour ce roman car je suis assez maniaque quand on touche à ce genre de classiques.

L’AUTEUR 

Aimee Carter est née aux Etats-Unis en 1986 et a grandi dans le Michigan. Elle a commencé à écrire des fan fictions à l’âge de 11 ans. Quatre ans plus tard, elle écrivait sa première histoire originale. Son premier roman classé Young Adult, et intitulé « The Goddess Test »,  a été publié par Harlequin en mai 2011, et arrive enfin sur les étagères de nos bibliothèques françaises sous le titre « Le Manoir des Immortels, grâce à Darkiss. Aimee est sortie diplômée dans le domaine des Arts et de la Culture Audiovisuels de l’Université du Michigan. Elle a aussi atteint le grade de Ceinture Noire en Tae Kwon Do.

Son style est léger, le vocabulaire simple, les descriptions survolées, ce qui en fait une œuvre accessible à tous. Elle ne donne que peu d’éléments physiques sur ses personnages, nous offrant ainsi une plus grande liberté de visualisation de ses héros. Pourtant, ce manque de descriptions ne m’a pas gênée et j’avais l’univers bien en tête. Les dialogues sont pertinents, il s’en dégage un certain naturel sauf sur un point que je développerai plus loin dans cette chronique.

L’HISTOIRE

Les premières pages sont assez difficiles dans le sens où il n’est pas très encourageant de découvrir que la mère de l’héroïne est condamnée à très court terme. Alors quand en plus, on découvre les mésaventures de Kate près de la rivière avec Ava et que ça frôle le glauque, on se dit qu’on va entrer dans un univers bien sombre. Mais l’histoire se met très vite en place, sans longueurs, et notre adolescente un peu perdue se retrouve confrontée à Henry/Hadès, le Dieu des Enfers.

J’ai – il est vrai – un peu tiqué sur le fait que ce dernier puisse aider Ava de façon si spectaculaire mais se retrouve un peu limité dans ce qu’il peut faire pour la mère de Kate. J’ai carrément grimacé lors du passage du bal où on se croirait dans un univers Disney de Princesse admirée de tous alors qu’il ne se passe carrément rien. Elle s’assoit, elle regarde, elle attend. Et c’est fini. A ce stade de ma lecture, j’ai eu peur que le sujet soit abordé de façon superficielle.

Heureusement, le contexte retrouve vite son rythme du début, l’examen que Kate doit passer a des résultats assez inattendus et j’ai trouvé la réaction de l’héroïne très naturelle tout comme celle qu’elle a eue lors de la première proposition d’Henry. La réaction de ce dernier face à l’examen m’a quant à elle arraché un sourire et tout est bien qui finit presque bien. Car oui, la réaction des protagonistes provoquent un petit incident auprès de la personne censée prendre le flambeau d’Henry à la tête du royaume de l’Au-Delà si celui-ci échoue une nouvelle fois à trouver une fille digne de régner à ses côtés. Et l’identité de ce fameux successeur m’a sincèrement surprise ! Vous trouverez cette fameuse révélation vers la moitié du livre.

Une certaine routine se met ensuite en place au manoir, nous permettant de découvrir un peu plus les différents personnages intervenus jusque là. Et tout vole en éclat après Noël avec cette scène que je n’ai pas trop appréciée dans le sens où la réaction de Kate manque de naturel si on prend son âge en considération. Comment une adolescente en manque de repères pourrait-elle émettre un tel jugement envers sa meilleure amie ? Je l’ai trouvée clairement trop dure, odieuse, voire même un peu injuste même si elle avait raison sur la frivolité d’Ava et les conséquences qu’il fallait qu’elle s’attende à récolter.

Mais l’intrigue continue son cours et on sait que Kate est jugée par le Conseil en catimini. Personnellement, j’ai relevé certains points qui me faisaient penser à la possibilité d’une épreuve mais je ne parvenais pas à distinguer clairement ce que le Conseil pourrait retirer de tel ou tel fait. Tout se fait en douce et j’ai adoré cela. On se sent encore plus proche de Kate, on ne sait pas si ses réactions sont les bonnes, ni même quand on l’évalue ou lorsqu’elle peut se laisser aller sans conséquence. On ressent alors clairement l’angoisse et la peur d’échouer de l’héroïne.

Et on arrive très vite au dénouement. L’identité du traître ne m’a pas étonnée plus que ça, cela devient assez courant ce genre de fausse surprise, de faux suspense. Mais une fois de plus, malgré quelques soupçons, j’ai été étonnée de la façon dont Aimee Carter a géré les faits. Et quand ce fameux traître perd patience et attaque directement, le résultat m’a laissée sans voix. Je ne m’attendais pas à ce que l’auteur aille jusque là !

Arrive enfin le moment des délibérations et avec lui, la révélation sur les épreuves que Kate a subies sans même le savoir. L’identité des membres du Conseil était prévisible elle aussi mais cela ne m’a empêchée de trouver le final très prenant, et le concept très intéressant et bien géré.

LES PERSONNAGES

Kate : Son univers tout entier tourne autour de sa mère dont elle est d’autant plus proche qu’elle n’a jamais connu son père. Son attachement est limite malsain, elle ne vit que pour elle et est incapable d’imaginer la vie lorsqu’elle sera partie. Je sais bien que se retrouver face à la maladie endurcit et fait grandir plus vite que la normale, mais deux éléments m’ont un peu gênée dans son comportement en plus du fait qu’il me paraît assez dur à croire qu’une adolescente n’ait qu’une seule personne dans sa vie alors que sa mère tient tant à ce qu’elle continue à la vivre pleinement. Comme évoqué au-dessus, sa réaction envers Ava le lendemain de Noël manque de crédibilité. L’autre passage en question étant lorsqu’elle découvre l’intégralité des membres du Conseil. Là où elle s’est acharnée sur Ava, ici elle pardonne et accepte relativement vite ce que j’aurais moi-même pris pour une trahison et ce qui m’aurait fait reconsidérer tout ce que j’avais vécu jusqu’à aujourd’hui. Elle n’en reste pourtant pas moins attachante, pleine de bonne volonté et de désir de faire au mieux pour les personnes qu’elle aime.

Henry : J’avoue n’avoir jamais éprouvé la moindre sympathie pour Hadès. Et pourtant Aimee Carter joue habilement avec la légende pour en faire un personnage attirant. Torturé, distant, mystérieux, découragé, mais avec un cœur en or. Il préfère en effet disparaître que de voir d’autres filles mourir à cause de lui. Et son amour pour Perséphone est sans limites.

Ava : Clairement antipathique au début, elle est le stéréotype parfait de la petite pom-pom-girl blonde et écervelée, nombriliste, jalouse et un peu cruelle aussi. Mais au fil du roman, on découvre d’autres facettes de son personnage, on voit qu’elle n’est pas aussi assurée qu’elle le paraît. J’avais de mauvais aprioris sur elle et pourtant, au final, j’ai bien apprécié le personnage.

Puis viennent les personnages secondaires comme la maman de Kate qu’elle retrouve toutes les nuits dans ses rêves, Calliope la servante dévouée et introvertie, Ella la caractérielle qui n’hésite pas à se battre avec Ava et à imposer ses choix, James le copain du lycée et bien plus encore au final,…

Un joli casting donc, qui ouvre pas mal de portes et j’espère qu’on ne les perdra pas trop de vue dans les tomes suivants car ils sont tous intéressants et pleins de potentiel dans leur façon d’être.

CONCLUSION

Une œuvre respectueuse et novatrice à la fois qui démontre également comme le temps peut affecter l’Histoire telle qu’elle a vraiment été et non pas telle que nous la percevons à un instant bien précis. Je pense qu’elle pourrait donner aux lecteurs ne connaissant pas encore la mythologie grecque l’envie de se renseigner davantage, mais elle reste toutefois accessible à tous, prodiguant des informations sur les grandes lignes des mythes abordés sans pour autant noyer le néophyte.

Ce 1er tome est correctement bouclé, pas d’actions laissées en suspens, et c’est avec grand plaisir que je lirai les suivants pour découvrir ce qui attend Kate et Henry dans l’éternité qui s’offre à eux.

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