Hantée, T1 — Maureen Johnson

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Saga :  Hantée (Shades of London), Tome 1
Titre français : Les Ombres de la Ville
Titre original : The Name of the Star
Auteur : Maureen JOHNSON
Date de Parution : 27 Avril 2013
Éditeur : Michel Lafon – Poche
Nombre de Pages : 440
Prix : 7 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

À Londres, un assassin hante les rues, réveillant la légende de Jack l’Éventreur. Malgré l’omniprésence des caméras, le tueur est indétectable sur les écrans. Aurora, arrivée depuis peu sur son campus, se rend compte qu’elle est la seule capable d’apercevoir son ombre. Accompagnée d’un mystérieux jeune homme, elle plonge au plus profond des brumes de la cité pour arrêter le meurtrier avant qu’il ne récidive. À moins que son don ne fasse d’elle la prochaine victime….

⌧ CHRONIQUE ⌧

Je suis encore assez frileuse avec les thrillers. Ce n’est pas mon genre de prédilection, mais comme j’aime élargir mes horizons, il m’arrive d’en essayer. « Hantée » reste ciblé young adult, avec une touche de fantastique ; j’y étais donc plus ouverte, et les chaudes recommandations d’autres blogueuses ont fait fondre mes dernières hésitations.

J’ai beaucoup apprécié les (més)aventures d’Aurora / Rory Deveaux. Nous plongeons en plein cœur de l’Angleterre et découvrons Londres sous un angle inédit. L’héroïne est originaire de la Louisiane et l’auteure a su jouer sur certains décalages entre les deux cultures anglo-saxonnes. Cela renforce le côté parfois déjanté de Rory, que l’on perçoit clairement quand elle parle de sa famille : sa tante adepte des anges, les 8 congélateurs de son oncle dans la chambre d’amis, l’autre qui arpente le campus pour sauver des perruches, etc.

Quand Rory réalise qu’elle voit des personnes que nul autre ne perçoit, elle se pose des questions on ne peut plus légitimes, comme : porte-t-elle la folie en héritage génétique ou les phénomènes paranormaux sont-ils bel et bien une réalité ? Ses parents travaillent à Bristol et l’ont laissée en pension dans la capitale, mais elle trouvera du soutien ailleurs, notamment auprès de Jerome, un préfet du lycée, et de sa colocataire Jazza. Cette dernière est l’exemple même de la petite fille-modèle et l’archétype de la bonne élève discrète et sans histoires. Elle envie l’héroïne et supporte mal la concurrence. Rory et elle se complètent bien, puisque l’héroïne est un peu trop directe et tête brûlée par moment. Elle trouvera progressivement les réponses à toutes ses questions quand elle fera la connaissance de la Brigade des Ombres, qui traque les fantômes à travers la ville.

Comme l’annonce le synopsis, le roman reste centré sur le mythe du premier tueur en série médiatisé de l’histoire anglaise. Plus d’un siècle plus tard, la terreur que le nom de l’Éventreur soulève dans le cœur des gens est toujours intacte et on s’interroge : s’agit-il s’un imitateur particulièrement doué ou y aurait-il une explication moins logique mais plus effrayante encore ? L’école que fréquente Rory est aux premières loges des scènes de crime, qui se multiplient en suivant les modes opératoires des faits survenus au XIXème siècle.

Quelques détails ont toutefois émoussé l’angoisse que je m’attendais à ressentir. De petits détails techniques comme le fait que les policiers laissent Rory face aux médias, quelques instants après son témoignage. Les journalistes sont connus pour être tenaces quand ils pensent tenir un scoop, mais bizarrement, les faits s’arrêteront là. De même, les meurtres se multiplient autour du pensionnat, mais seuls trois élèves en seront retirés par leurs parents. Les mesures de sécurité sont certes renforcées, mais les adultes sont-ils réellement connus pour se montrer calmes et raisonnables quand leur progéniture est exposée ?

Maureen Johnson remet en cause l’influence des médias sur ce genre de drames, et je l’en remercie chaudement. J’ai toujours trouvé glauque et sordide de voir des gens dîner allégrement devant leur poste de télévision à l’heure des journaux télévisés, devant des images de guerres, de meurtres, de haine et de sang… L’auteure recadre bien ce questionnement : où s’arrête la volonté d’informer et où commence l’apologie des psychopathes pour faire de l’audimat ? Dans ce roman, les différentes populations impliquées ont un côté très dérangeant. Les citoyens londoniens connaissent les dates auxquelles le meurtrier va frapper et que font-ils ? La moitié est collée devant la télévision, avide de détails glauques, et l’autre moitié s’expose bêtement en allant faire la fête quand des gens meurent sous de multiples lacérations.

Si la plume de Maureen Johnson m’a parfois paru un peu maladroite (certaines phrases narratives tournées dans un style trop oral), l’ambiance sombre et mystérieuse des ruelles de Londres, son réseau souterrain et son célèbre brouillard sont merveilleusement bien rendus. Les personnages principaux sont attachants, et on retrouve le côté strict et exigeant du système scolaire, des codes vestimentaires et des règlements. Ce premier tome est découpé en plusieurs parties, chacune s’ouvrant sur une citation joliment mise en page, en rapport avec le titre de ladite partie, et se refermant sur un chapitre mettant en scène un personnage extérieur au cercle de Rory. J’ai trouvé cela judicieux, cela apportait un nouvel angle de vue aux événements secouant la ville, différentes façons d’appréhender le retour de Jack l’Éventreur. L’ensemble de l’intrigue est bien rythmée ; l’auteure jongle entre enquêtes policières et vie scolaire, et les événements s’enchaînent à merveille tout en nous permettant de mieux cerner Rory et son entourage.

Malgré quelques bémols, j’ai été conquise par l’univers mis en place dans « Les Ombres de la Ville », et ne manquerai donc pas de suivre les nouvelles aventures de Rory dans les tomes suivants.

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