Toi qui as la clé — Sarah Dessen

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

Titre français : Toi qui as la clé…
Titre original : Lock and Key
Auteur : Sarah DESSEN
Date de Parution : Mai 2009
Éditeur :  Pocket – Jeunesse
Nombre de Pages : 479
Prix : 18,77 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Ruby, 16 ans, ne sait jamais quand sa mère va rentrer. Un jour, il semble même qu’elle ne reviendra plus jamais. Ruby n’a plus le choix, elle doit suivre les services sociaux qui la place chez sa sœur qu’elle n’a pas vue depuis dix ans. Alors que Ruby menait une vie modeste, dans un quartier mal famé où elle s’entourait de dealers, la voilà dans un appartement immense, chic et sa sœur insiste pour qu’elle aille dans un lycée privé. Le choc est violent et les rapports entre les deux sœurs, tendus. Peu à peu, elles réussissent pourtant à s’apprivoiser et, dans le même temps, Ruby fait la connaissance de son mystérieux voisin, Ben. Ce dernier a lui aussi une histoire familiale difficile, qui l’étouffe… Ruby tombe amoureuse et décide de l’aider, coûte que coûte ; ce sera aussi une manière de se sauver, elle.

⌧ CHRONIQUE ⌧

J’ai bon nombre de romans de Sarah Dessen dans ma PAL, il était plus que temps que j’en sorte un ! Et du coup, je regrette d’avoir tant tardé parce que j’ai frôlé le coup de cœur !

Dans les premières pages,  Jamie, le beau-frère de Ruby, fait visiter la maison à cette dernière. L’adolescente vient d’être pincée par les services sociaux, après avoir bataillé pour cacher le départ de sa mère. Une mère irresponsable qui se déchargeait de tout et n’assumait rien. Ruby est ainsi confiée à sa sœur Cora, qu’elle n’a pas vue depuis dix ans. Elles se sont éloignées l’une de l’autre quand l’aînée est partie poursuivre ses études en faculté, tout cela dans des conditions assez troubles. On sent des malentendus latents, des mensonges aussi, probablement. Quoi qu’il en soit, Ruby est complètement déphasée. Elle avait l’habitude de ne pouvoir compter que sur elle-même, de ne faire confiance à personne, de se débrouiller seule. En un mot, c’est une battante. Une survivante. La voilà maintenant sous la tutelle de Cora, dont elle était si proche mais qui fait plus figure d’inconnue à présent, et le choc est assez rude. Changement de maison, de rythme de vie, de ville, de lycée,… Elle perd le peu de repères qu’elle avait dans la vie et adopte la stratégie de base dans ce genre de situation : elle se replie sur elle-même et refuse toute main tendue vers elle.

Jamie est un personnage exceptionnel, dans le sens où il a immédiatement accepté la présence de Ruby chez eux, l’a soutenue et encouragée de son mieux. Il sert d’intermédiaire, de médiateur, pressentant que les deux sœurs ont besoin de temps pour pleinement se retrouver. Les tensions s’accumulent des deux côtés, des vérités éclatent au grand jour et on frôle la débandade.

Ce roman a un côté très humain, sans pour autant donner dans la guimauve. Les sentiments, les réactions, les dilemmes et les douleurs… tout est savamment dosé. Les personnages sont variés : on va du jeune surdoué ayant du mal à nouer des amitiés au voisin trop parfait pour ne rien avoir à cacher, en passant par la camarade de classe extraite elle aussi de la bande d’amis de son ancien lycée. Ruby fait petit à petit l’apprentissage de la vie, la vraie. On l’encourage à se confier, à décompresser, à laisser les autres prendre soin d’elle, à se valoriser. Ce n’est pas une véritable lutte qui s’installe en elle, les vieilles habitudes étant difficiles à perdre. Elle commet des erreurs et je me suis sincèrement inquiétée de ce qu’elle deviendrait. Les passages parlant de la façon dont Cora faisait barrage devant Ruby sont bouleversants et m’ont mis la larme à l’œil.

Tout le monde a le droit à une seconde chance. Il n’est pas facile d’aller au-delà des mécanismes de défense que l’on met en place au fil du temps, c’est précisément ce sur quoi je travaille ces derniers mois. En ce sens, cette lecture m’a terriblement touchée parce que je me retrouvais tant en Ruby… Cette volonté de changer qui la caractérise est aussi intense que la peur paralysante qu’elle ressent vis-à-vis des autres et de l’avenir.  Sarah Dessen a parfaitement su dépeindre combien Ruby vivait dans l’antagonisme. Elle aimait sa mère envers et contre tout, mais est terrorisée à l’idée de lui ressembler.

Si l’histoire est un peu prévisible dans son déroulement (l’auteure respecte à la lettre les codes du genre, ce n’est pas un mal en soi), elle n’en reste pas moins poignante. Elle nous captive autant par sa justesse que par les valeurs familiales et le message d’espoir qu’elle véhicule.

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