Risque Zéro — Pete Hautman

⌧ FICHE TECHNIQUE ⌧

● Titre français : Risque Zéro
Titre original : Rash
Auteur : Pete HAUTMAN
Paru le : 15 Avril 2015 ‖ 1ère édition en 2008
Éditeur : Milan – Macadam
Nombre de Pages : 295
Prix : 13,50 €

⌧ SYNOPSIS ⌧

Imaginez un monde où tout risque est banni. Un monde où le danger n’existe plus. Fini, le sport : trop dangereux ! Aimer ? Trop éprouvant ! Ce monde du risque zéro, c’est celui des États-Sécurisés d’Amérique. Nous sommes en 2074, Bo Marsten a 16 ans et vit sous cette dictature du bien-être. Les carcans, les interdits ? Il n’en peut plus. Enfermé dans un camp de travaux forcés, il décide de résister. Pour être libre. Pour prendre le risque de vivre, tout simplement…

⌧ CHRONIQUE ⌧

Intrigue ∎∎∎∎ Rythme ∎∎∎∎∎ Créativité ∎∎∎∎∎
Écriture ∎∎∎∎ Personnages ∎∎∎∎ Sentiments ∎∎∎∎∎

Imaginez un pays avec des meubles qui ne vous mangent plus le petit orteil quand vous vous levez la nuit, des voitures aux moteurs bridés pour prévenir tout accident, et des concitoyens aimables avec qui vous n’échangez jamais un mot plus haut que l’autre. Bienvenue dans l’Union des États-Sécurisés d’Amérique, un pays où il fait bon vivre et où l’espérance de vie est plus longue que partout ailleurs. Le soleil brille, les oiseaux chantent et vos voisins vous sourient à longueur de journée… aussi longtemps qu’un abricot ne s’échappe pas de vos sacs quand vous sortez les courses de votre coffre. Une adolescente passe par là, marche sur le malheureux fruit et ZzZzzuip ! C’est le drame : une méchante bosse sur la tête de l’une, et la prison pour l’autre. Alors, vous en rêvez toujours ?

Bo a grandi dans cette société ultra-sécurisée où tout est fait pour protéger les gens d’eux-mêmes comme des autres, mais où au final le quotidien est encore plus morne que celui d’un zombie sans proie à l’horizon. Bo est souvent effaré par les discours de son grand-père sur le bon vieux temps où on aimait se faire plaquer au sol au football américain, manger à outrance autour d’un barbecue bien gras, prendre une bière avec des amis un samedi soir et courir dehors sans casque. Pour le coup, on ne s’identifie non pas au héros mais à ce vieux bonhomme considéré comme un inconscient et un irresponsable par son entourage et l’on ne comprend que trop bien ses récriminations et son exaspération devant « ce pays de mauviettes ». Bo redoute cependant les lois de l’hérédité : entre un grand-père bidouilleur d’alcool illicite, un père qui passe plus de temps en prison qu’auprès de sa famille et un frère aîné lui aussi condamné pour des problèmes de gestion de la colère, il risque fort d’y passer lui aussi. Surtout quand son grand rival en athlétisme se met à lorgner sa petite-amie d’un peu trop près…

Pete Hautman nous propose ici un croisement étrange entre utopie et dystopie, où le monde est tellement lisse et propre qu’il en devient cauchemardesque. La soupape de Bo finit par lâcher et il ne parvient plus à remettre le couvercle en place. Il multiplie les impairs et se retrouve devant un juge pour des crimes qui nous paraissent bien dérisoires. Il finit par écoper d’une peine à purger en travaillant à la chaîne dans une usine au fin fond de nulle part et se heurte aux réalités d’un monde où il faut savoir montrer les poings pour rester entier et où personne ne vient vous border le soir. Le choc est terrible pour le jeune Bo et il ne lui reste alors que deux alternatives : se racheter une conduite en se lamentant sur son sort mais en faisant ce qu’on attend de lui, ou ouvrir les yeux sur les plaisirs de la vie quand on prend la peine de la croquer à pleines dents… pour le meilleur et pour le pire !

Entre une intrigue parsemée d’actions – réfléchies ou non – et des lignes de dialogue pleines d’humour et d’ironie, on n’a pas le temps de s’ennuyer ! Risque Zéro est d’autant plus intéressant qu’à notre époque, on se heurte de plus en plus au culte de l’enfant-roi. On peut ainsi y voir une nouvelle dérive possible. Pete Hautman dénonce également les failles du système judiciaire (les citoyens d’une même nation écopent d’une sentence plus lourde s’ils n’ont pas les moyens de se payer un bon avocat) et pénitentiaire (les gardes rivalisent de laxisme tant que les chouchous du directeur ne sont pas concernés), tout en évoquant les problèmes de réinsertion une fois la peine purgée… Mais le thème principal de ce livre reste tout de même une réflexion autour de la vie. À quel point faut-il la préserver ? Quelle part laisser au hasard ? De quoi est-elle vraiment constituée : d’un quotidien calme et rassurant, ou du piment qui vient relever un plat pour mieux nous en faire apprécier les saveurs ?

Car comme le souligne si bien Corneille dans Le Cid : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

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